Une semaine après avoir affirmé devant le conseil municipal qu’il était impossible de reporter le deuxième versement des taxes foncières, l’administration de la mairesse Valérie Plante fait volte-face et permet aux propriétaires et commerçants montréalais d’acquitter leur compte le 1er septembre prochain.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

C’est le contexte de reprise lente de l’économie montréalaise relativement à la pandémie de COVID-19 qui justifie cette décision, a expliqué mercredi le président du comité exécutif, Benoit Dorais, lors de la séance hebdomadaire du comité exécutif. Ainsi, la Ville de Montréal reporte pour une seconde fois le deuxième versement des taxes foncières à septembre prochain.

En mars dernier, la Ville avait repoussé le paiement des taxes du 1er juin au 2 juillet. Il s’agissait alors de donner un coup de pouce aux propriétaires de résidences ou d’entreprises sur le territoire montréalais. L’échéance est maintenant repoussée au 1er septembre prochain.

« C’est un répit additionnel pour les contribuables montréalais. Ça nous fait plaisir de le faire dans un contexte qui est difficile. Mais je pense que c’est un effort qu’on devait faire, un effort responsable, et faire preuve d’empathie comme notre administration le fait depuis le début », a déclaré Benoit Dorais.

Lors de l'assemblée du conseil municipal du 15 mai, M. Dorais tenait toutefois un discours différent. «On aimerait ça être capable de donner un répit additionnel, mais on n'a pas les moyens de le faire», disait alors le président du comité exécutif. M. Dorais soulignait que le report des taxes représenterait un coût de 12 millions en frais d'intérêts pour la Ville.

L’opposition officielle se réjouit pour les contribuables, mais souligne le changement de cap de l’administration qui « semble improviser » ses décisions. La semaine dernière, l’administration Plante-Dorais a refusé d’appuyer la proposition des élus du parti Ensemble Montréal qui souhaitaient ainsi « alléger le fardeau financier des ménages et des commerçants montréalais en cette période exceptionnelle ». « C’est une incroyable volte-face alors que M. Dorais parlait d’une impossibilité », a commenté Alan DeSousa, porte-parole en matière de finances pour l’opposition officielle.

Benoit Dorais a expliqué que la décision s’appuie sur la recommandation du rapport Du confinement à la relance : pour une métropole résiliente, rendu public mardi. Les auteurs du rapport, un groupe d’économistes dirigé par le professeur Luc Godbout, proposaient de prolonger les assouplissements.

« On a retourné chacune des pierres pour nous assurer que l’on puisse faire cet effort additionnel », a assuré Benoit Dorais.

Ce dernier a expliqué que le report du versement des taxes crée un manque de liquidités de quelque 2 milliards pour Montréal, mais que la fin du programme d’emprunts pour assurer les investissements à long terme (programme triennal d’immobilisations) donne une « marge de manoeuvre ».