(Québec) Alors que le nombre de candidats pour devenir préposé en CHSLD explose, le gouvernement Legault envisage d’imposer à ses recrues « un engagement plus formel » pour s’assurer qu’elles soient bel et bien à pied d’œuvre, à temps plein, après les avoir payées pour compléter une formation.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

Pas moins de 61 000 volontaires ont soumis une demande d’admission pour être de la formation accélérée de 375 heures déployée par Québec pour recruter 10 000 nouveaux préposés aux bénéficiaires en CHSLD. Le gouvernement offrira un salaire de 21 $ l’heure pendant les trois mois du programme.

Or, Québec n’exige pas que ces étudiants s’engagent à travailler un minimum d’heures en CHSLD à la fin de la formation. Une personne pourrait donc profiter d’un salaire de 21 $ l’heure pendant trois mois et choisir de ne pas travailler ensuite. Le gouvernement prône pour l’heure une sorte d’engagement « moral ».

« C’est certain que c’est une situation qui évolue. Il pourrait y avoir un engagement plus formel », a admis mercredi le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. La motivation et le « sérieux » du candidat seront cependant évalués lors d’une entrevue précédant la formation, a assuré le ministre.

« On parle d’une entrevue pour vérifier les habiletés relationnelles, mais aussi pour avoir quelqu’un qui est prêt à être en formation à temps plein pendant trois mois, tout l’été, et qui est prêt à accepter un emploi à temps plein que ce soit la fin de semaine ou les soirs. Ça va faire partie des questions », a-t-il ajouté.

La ministre de la Santé, Danielle McCann, estime pour sa part qu’il s’agit d’une « responsabilité » de la part de l’étudiant et du gouvernement. « On fait la formation, on entre en CHSLD et on travaille à temps plein en CHSLD. On reçoit cette rémunération dans le cas de ces conditions-là », a-t-elle martelé.

« Je pense que la garantie, elle est morale et j’ai confiance, j’ai vraiment confiance. […] Les Québécois qui vont venir à cette formation, ils viennent parce qu’il y a aussi un engagement et il y a une réponse à l’appel du premier ministre », dit-elle.

Québec ne ferme d’ailleurs pas la porte à accueillir un peu plus de 10 000 candidats, si l’espace et le nombre d’enseignants sont suffisants pour pallier l’abandon de recrues en cours de route.

« Un heureux problème »

Si le premier ministre François Legault parlait mardi d’une « opération sans filet » lorsqu’il a lancé sa campagne de recrutement massif, il peut certainement se réjouir que plus de 60 000 personnes aient levé la main pour suivre la formation. M. Roberge a déjà indiqué que 10 % des candidatures étaient des doublons.

La période d’inscriptions prendra d’ailleurs fin vendredi à 17 h .

Reste que le gouvernement se trouve maintenant devant un « heureux problème » de filtrer 60 000 demandes d’admission d’ici le 15 juin. Les candidats qui répondront aux critères initiaux doivent ensuite être convoqués en entrevue avant d’être sélectionnés. Les cours commencent dans dix jours. Réaliste ?

« Ce qui est réaliste, c’est qu’on en ait trouvé 10 000 bons candidats. Je suis convaincu qu’au 15 juin, on aura 10 000 élèves qui sont motivés et qui satisferont les critères de bases [sur les bancs d’école », a affirmé M.  Roberge.

Sans citer explicitement l’expérience avec la plateforme « jecontribue » qui a connu des ratés, la ministre Danielle McCann a indiqué que le gouvernement « a fait des grandes opérations comme ça » depuis le début de la pandémie. « On a maintenant l’expérience à s’organiser. On a vraiment appris beaucoup », a-t-elle précisé.

Critères d’admission pour la formation de « préposé en CHSLD »

• Avoir 18 ans

• Être citoyen canadien

• Avoir complété « au minimum » un secondaire 3

• Être en « bonne condition physique »

• Ne pas avoir d’antécédents judiciaires

La période de mise en candidatures se termine le 5 juin à 17 h.