Les personnes en situation d’itinérance ont désormais accès à un nouveau refuge à Chomedey, et ce, pour la durée de la pandémie grâce à un effort de la Ville et du CISSS de Laval, qui ont décidé de pallier le manque de ressources communautaires.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Dès le début de la crise sanitaire, des organismes communautaires ont en effet dû fermer temporairement leurs portes en raison du confinement, ce qui a alerté les autorités de santé publique. « À cause des dommages économiques liés à la COVID-19, ils nous ont averti que plus de personnes risquaient de se retrouver sans domicile fixe », explique Jean Fallon, conseiller cadre aux relations avec la communauté et aux services sociaux et de réadaptation au CISSS de Laval.

En mars 2018, ce dernier avait dénombré environ 135 personnes en situation d’itinérance dans la ville. « Nous avons beaucoup de personnes qui vivent dans leur auto. Est-ce que la pandémie crée plus d’itinérance ? On ne le sait pas encore », affirme Jean Fallon.

Un refuge temporaire au Centre sportif Josée-Faucher a donc été mis sur pied avec la Ville de Laval et l’organisme communautaire Travail de rue de l’île de Laval (TRIL). Depuis le 13 mars, le service a permis à 86 personnes de se nourrir et de dormir dans un lieu sécuritaire. En tout, 890 nuitées ont été offertes.

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Michaël Beaulieu, coordonnateur clinique du refuge, prépare les lieux avant l’ouverture des portes. 

Mais puisque la commission scolaire de Laval reprenait le Centre sportif, un nouveau refuge ouvre ses portes ce mercredi à la Place des aînés, à Chomedey. « Avec la COVID-19, les personnes sans domicile fixe se sont retrouvées sans repas et sans accès à des salles de bains, puisque les centres d’achat et restaurants sont fermés. Il fallait les aider », évoque Michaël Beaulieu, coordonnateur clinique du refuge.

« Il y a des personnes qui peuvent venir juste pour se nourrir, mais c’est surtout un endroit où les gens sont invités de 16 h à 8 h pour que nous puissions avoir le temps de leur apporter du soutien et des ressources pour les aider à rebondir, ajoute M. Beaulieu. Par exemple, en leur parlant des programmes d’hébergement disponibles pour eux. »

La communauté derrière le projet

Cinq intervenants et trois bénévoles accueilleront jusqu’à 30 personnes sans domicile fixe par jour à la Place des aînés. Le refuge a des dortoirs distincts pour les hommes et les femmes, et des agents de sécurité seront déployés pour assurer un environnement sain. « Les Lavallois ont été nombreux à venir aider. Depuis le début, 1100 heures de bénévolat ont été enregistrées au refuge du Centre Josée-Faucher », affirme avec fierté M. Beaulieu.

Toute la communauté met l’épaule à la roue, ajoute pour sa part Jonathan Lévesque, aux communications du CISSS. Il mentionne que le refuge a l’appui de la police de Laval, mais aussi de la communauté, ce qui n’avait pas été complètement le cas au Centre sportif Josée-Faucher, où des citoyens avaient lancé une pétition en ligne demandant que des mesures supplémentaires soient déployées pour assurer plus de sécurité près du refuge temporaire. 

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Intérieur du nouveau centre d’hébergement d’urgence, à Chomedey

Pour ce nouveau centre d’hébergement d’urgence à Chomedey, il y a eu « du porte-à-porte pour avertir les résidants de ce que nous faisions, et tout le monde a été compréhensif », évoque M. Lévesque.

« Quand les organismes communautaires vont recommencer à rouvrir, on pensera à fermer ce lieu, ajoute M. Fallon. Mais en attendant, on a décidé de le maintenir ouvert pour s’assurer que les personnes sans domicile fixe aient accès à un lit, une douche, des vêtements propres et deux repas par jour. »