En quelques heures seulement, pas moins de 42 000 candidats ont soumis mardi une demande d’admission pour être de la toute nouvelle formation express offerte par le gouvernement Legault pour recruter 10 000 préposés aux bénéficiaires.  

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

L’intérêt pour la formation accélérée de 375 heures n’a pas tardé à se manifester. À son arrivée a la période de questions, moins de trois heures après avoir donné le coup d’envoi de la campagne de recrutement, le premier ministre Legault affirmait que 17 000 personnes s’étaient inscrites sur le site web.  

« On a lancé l’opération à 11 h 30 », a précisé M. Legault. « Et juste avant d’entrer en Chambre, on me disait qu’il y avait 17 000 inscriptions », a-t-il confirmé, interrogé par la cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade.  

François Legault a lancé son opération de recrutement mardi pour recruter, d’ici au 15 juin, 10 000 personnes désireuses de suivre une formation de trois mois pour devenir préposé aux bénéficiaires. Les volontaires peuvent soumettre en ligne leur candidature sur le site Québec.ca/devenirpréposé.

« Ce sont des conditions de travail qui sont avantageuses », a déclaré M.  Legault en point de presse mardi, avant la période de questions.  

Les volontaires qui s’inscriront d’ici au 15 juin auront droit à une rémunération de 760  $ par semaine durant la formation, a-t-il fait valoir. Ceux qui réussiront cette formation auront ensuite accès à un emploi permanent à temps plein, « 49 000  $ par année avec tous les avantages sociaux », a-t-il souligné.

« On ne veut pas des gens qui sont juste là pour le salaire », a cependant indiqué le premier ministre. « Pour faire ce métier-là, faut aimer les aînés. »

M.  Legault a lancé un appel particulier aux jeunes. « Nos aînés les plus vulnérables ont besoin des plus jeunes qu’eux et elles. »

La formation qui prendra la forme d’une attestation d’études professionnelles (AEP) sera élaborée à partir du programme actuel d’assistance à la personne en établissement et à domicile, d’une durée normale de 870 heures. Le cours accéléré sera plutôt de 375 heures, partagées entre le terrain et les bancs d’école.  

Un partenariat doit être établi dans chaque région entre le centre de formation professionnelle et le CISSS ou CIUSSS régional.

Quelque 120 heures de formation théorique seront dispensées dès le départ du programme — avant d’aller sur le terrain — et 255 heures de travaux seront réalisées en milieu de travail, sous la supervision du ministère de la Santé et des Services sociaux. La formation sera axée sur la prévention des infections et la contamination, l’approche relationnelle et les soins d’assistance à la personne.

« Avant d’envoyer des gens sur le terrain prodiguer des soins, on veut être certains de leur donner une formation de base pour être certains qu’ils soient bien habilités à donner des bons soins dès le jour un, sous supervision à la fois des professeurs et des gens qui sont des gens d’expérience », a fait valoir le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, présent lors de la conférence de presse.  

M.  Legault a lancé cet appel à la mobilisation alors que la situation s’améliore du côté des hospitalisations avec 1175 personnes hospitalisées (-10), dont 161 aux soins intensifs (-1) au cours des dernières 24 heures. En tout, 4713 décès ont été recensés depuis le début de la pandémie. Le nombre de cas déclarés positifs à la COVID-19 atteint maintenant 51 593. Il s’agit d’une augmentation de 239 cas par rapport à lundi.  

« Il faut aussi se préparer à une possible deuxième vague », a noté M.  Legault en évoquant « une urgence d’agir ».