(Ottawa) Le gouvernement fédéral injecte 650 millions de dollars pour appuyer les communautés autochtones à traverser la crise de la COVID-19, dont 285 millions de dollars iront aux soins de santé.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

Les sommes injectées en santé permettront notamment d’augmenter le nombre d’infirmières dans les communautés des Premières Nations et d’acheter du matériel spécialisé, a précisé le premier ministre Justin Trudeau en conférence de presse à Rideau Cottage, vendredi.

« Les fonds seront aussi utilisés pour appuyer le travail qu’on accomplit avec les communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis pour trouver des solutions à long terme axées sur les communautés en matière de santé », a-t-il indiqué.

Ottawa allonge aussi 85 millions de dollars dans de nouvelles maisons d’hébergement pour les femmes autochtones. « Ces nouveaux refuges, qui seront situés dans les communautés, vont offrir aux femmes un endroit sûr et des ressources lorsqu’elles en auront le plus besoin », a affirmé Justin Trudeau.

Il a confirmé que lors de son appel téléphonique avec ses homologues provinciaux, jeudi soir, il avait été question des rapports qui ont été produits par les Forces armées canadiennes en mission dans les centres de soins pour aînés au Québec et en Ontario.

Mais au lendemain de cet appel, et alors que du côté de Québec, on tape du pied, il n'y a pas de nouveau.

Les «discussions opérationnelles» sont toujours en cours, a indiqué Justin Trudeau, vendredi, sans entrer dans le détail du nombre de troupes qui pourraient demeurer dans les CHSLD, répétant que l'envoi de militaires dans ces lieux n'était pas une solution à long terme.

Le premier ministre québécois François Legault a exprimé sa déception après avoir reçu un signal négatif en provenance d'Ottawa. Car le ministre fédéral de la Défense, Harjit Sajjan, a affirmé en entrevue sur les ondes de CBC, mercredi, que les troupes ne pourraient maintenir ce rythme.

«Je peux vous assurer qu’on ne pourra pas tenir comme ça pendant quatre autres mois […] Nous n’avons pas le personnel suffisant; nos gens travaillent sept jours par semaine, ce n’est tout simplement pas soutenable», a-t-il lancé, ajoutant au passage que certaines provinces ne «comprennent pas tout à fait comment l’armée fonctionne».

Congés de maladie

Lors de l'entretien avec les premiers ministres, Justin Trudeau a abordé sa proposition de faire en sorte que lors de la reprise, chaque personne au Canada puisse obtenir 10 journées de congé de maladie payées par année.

Or, cette proposition est tièdement accueillie par certains premiers ministres provinciaux. Pour dorer la pilule, le fédéral pourrait absorber la majorité des coûts, a fait valoir Justin Trudeau en conférence de presse.

Billets d'avion non remboursés

Le premier ministre n'avait toujours rien à annoncer aux voyageurs aériens dont les vols ont été annulés, mais qui n'ont pas été remboursés par les compagnies aériennes. Il a répété qu'il tentait de trouver un équilibre entre la survie de l'industrie aérienne canadienne et les intérêts des consommateurs.

Une pétition lancée par Option consommateurs visant à enjoindre le fédéral à forcer les transporteurs à rendre cet argent a été déposée à la Chambre des communes par le député bloquiste Xavier Barsalou-Duval. Elle a jusqu'à présent recueilli plus de 30 000 signatures.

Les compagnies Air Canada, Air Transat, WestJet et Sunwing ont offert à leurs clients privés de voyage des crédits allant jusqu'à 24 mois plutôt que des remboursements.

Mais selon le libellé de la pétition, «bien des consommateurs ne pourront pas utiliser ces crédits dans les délais imposés par les transporteurs aériens en raison notamment de problèmes financiers, d’ennuis de santé ou du fait que les risques liés à la COVID-19 ne seront pas encore écartés».

Trudeau parle des émeutes à Minneapolis

Le premier ministre a conclu son allocution quotidienne en commentant la situation actuelle aux États-Unis, alors que depuis trois nuits, la ville de Minneapolis est le théâtre de violentes émeutes en réaction à la mort de George Floyd, un Afro-Américain décédé après avoir été arrêté par des policiers blancs.

«Aux Canadiens qui regardent avec stupéfaction et horreur ce qui se passe aux États-Unis, il faut rappeler que même si on voit tout ça se passer aux États-Unis, au Canada, on n'est pas sans vivre du racisme, de la discrimination», a-t-il dit d'un ton sobre.

«Et nous nous devons de faire mieux. [...] Nous avons du travail à faire ici [aussi]», a-t-il argué.