(Pickering) Un rapport militaire « troublant » sur les conditions dans un foyer de soins de longue durée à l’est de Toronto a donné aux familles de proches morts de la COVID-19 l’espoir que la police enquêtera.

La Presse canadienne

Certaines familles, qui disent avoir renoncé à une démarche du gouvernement provincial, ont demandé à la police régionale de Durham d’enquêter sur l’établissement Orchard Villa, à Pickering.

Plus de 50 familles ont écrit au chef de police Paul Martin la semaine dernière, alléguant la négligence et l’incapacité de fournir les nécessités de la vie.

« Le gouvernement aurait pu en faire plus, mais c’est trop tard, a dit Fred Cramer, dont la mère, Ruth Cramer, a succombé à la COVID-19 dans ce foyer, le 19 avril. Il est temps que la police enquête. »

Dans une réponse écrite, M. Martin affirme avoir demandé à l’unité des services d’enquête de se pencher sur la situation.

La police de Durham a simplement dit qu’elle examinait la plainte. Le dossier a été confié à un inspecteur senior, a-t-on précisé.

Le département de la santé de la région de Durham dit qu’il y a eu 78 décès dus à la COVID-19 dans l’établissement en question.

Les familles affirment que les problèmes observés par l’armée reflètent plusieurs de leurs récriminations, notamment : malnutrition et déshydratation des résidents ; équipement de protection inadéquat pour le personnel et les patients ; mélange entre les résidents ayant contracté la COVID et ceux non infectés, ainsi que des effectifs insuffisants.

M. Cramer a vu sa mère pour la dernière fois le 13 mars, juste avant que l’Ontario décrète le confinement. Mais la communication est devenue difficile en raison de sa démence et les appels au foyer ne valaient rien, a-t-il dit.

« Ils n’arrêtaient pas de dire "Elle mange, elle boit et elle est heureuse". Ça ressemblait à un script-c’est tout ce qu’ils disaient, chaque fois que j’appelais », a-t-il dit.

Le 15 avril, M. Cramer a reçu un appel disant que sa mère avait été déclarée positive pour la COVID-19. Il ne savait même pas qu’elle avait des symptômes, mais il savait que le foyer comptait un ou plusieurs cas du virus.

Le foyer l’a informé que sa mère avait une fièvre peu élevée et une léthargie. Lors d’un appel vidéo le lendemain, sa mère « paraissait très mal en point » et avait les larmes aux yeux, a dit M. Cramer.

L’administrateur du foyer n’a pas répondu aux demandes pour commenter la situation.