(Québec) L’Association des camps du Québec (ACQ) lance un ultimatum au gouvernement Legault : sans une aide financière confirmée avant vendredi, la vaste majorité des camps de jour ne seront pas en mesure d’ouvrir comme prévu le 22 juin prochain.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

L’organisme a envoyé mardi une lettre au cabinet du premier ministre François Legault. Il rappelle que 75 % des camps de la province sont administrés par des OBNL ou des entreprises privées et que les nombreuses contraintes sanitaires qu’impose la pandémie de COVID-19 « génèrent des conséquences financières intenables ». L’ACQ réclame 11 millions en soutien financier de Québec.

« C’est le montant minimum pour opérer », explique Éric Beauchemin, directeur général de l’ACQ. Selon l’association, « sans un soutien financier des gouvernements, 71 % des camps de jours ne seront pas en mesure d’ouvrir de manière sécuritaire cet été, cette fermeture plongerait le tiers d’entre eux en faillite. »

« Sans la confirmation d’un tel soutien d’ici la fin de la semaine, l’ACQ sera dans l’obligation d’émettre une directive à ses membres leur demandant de ne pas ouvrir leurs portes cet été, car ils ne seront pas en mesure d’offrir un service sécuritaire aux enfants du Québec », poursuit l’ACQ dans sa lettre envoyée au premier ministre Legault.

Contacté par La Presse, le gouvernement Legault a indiqué être « conscient des difficultés engendrées par les nouvelles normes sanitaires qui doivent s’appliquer pour les camps de jour. »

« C’est pourquoi nous travaillons sur des solutions avec l’ensemble des partenaires du milieu des camps de jour. Nous sommes confiants que nous réussirons à les soutenir afin qu’ils puissent offrir une belle expérience de camps cet été pour le plus grand nombre de jeunes possible. Notre priorité demeure leur santé et leur sécurité », a-t-on affirmé.

À la période de questions mercredi à l’Assemblée nationale, la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, a également dit que les camps de jour qui relèvent des municipalités seraient aidés financièrement afin de satisfaire aux exigences des autorités de santé publique.

La députée libérale Marie-Claude Nichols a pour sa part réclamé de Québec qu’il confirme d’ici vendredi une aide à tous les camps de jour, dont ceux qui sont administrés par des OBNL.

« La problématique, c’est le financement. Ça leur prend un financement. Les mesures annoncées, c’est des coûts supplémentaires. 71 % des camps de jour n’ouvriront pas leurs portes s’il n’y a pas de financement. Dites-moi pas que ça va bien. Ça ne va pas bien », a-t-elle déploré.

Le Parti libéral a déposé une motion mercredi stipulant que « l’Assemblée nationale demande au gouvernement caquiste d’octroyer d’ici le 29 mai, une aide financière spéciale à tous les camps de jour offrant des services au Québec ». La motion, déposée dans le cadre des motions sans préavis, n’a pas obtenu le consentement du gouvernement pour être débattue. Elle a donc été rejetée.