Québec lance un mot d’ordre aux cégeps et universités : ramenez des étudiants sur les campus cet automne. Dans un document présenté au réseau d’enseignement supérieur dont La Presse a obtenu copie, le ministre de l’Éducation fixe un objectif d’un minimum de 30 % d’étudiants présents et ce, même si plusieurs établissements ont déjà annoncé qu’ils feront leur session à distance.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Comme il l’a fait la semaine dernière pour les écoles primaires et secondaires, Québec a présenté mardi trois « scénarios » envisagés pour l’automne dans les cégeps et universités. « On veut qu’il y ait un minimum de présence pour tous les cours », dit le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur Jean-François Roberge.

Les deux premiers scénarios qu’il propose sont de l’enseignement hybride. Dans un cas, la moitié de l’enseignement serait fait à distance et l’autre moitié, en personne. Dans le second, il est envisagé d’avoir un plancher d’environ 30 % à 35 % d’étudiants sur les campus. Dans les deux cas, la totalité du personnel aurait accès aux établissements.

Québec note que la présence d’étudiants sur les campus brise l’isolement et amène un encadrement qui facilite leur réussite, mais reconnaît qu’elle augmente les risques de transmission du virus.

Le troisième scénario prévoit un retour en personne pour la quasi-totalité des étudiants, tel que l’enseignement se donnait pré-pandémie. Québec estime qu’il y aurait alors moins de « contraintes technologiques » pour le personnel et les étudiants, mais note à nouveau les risques de transmission du virus.

Plusieurs cégeps et universités ont annoncé au cours des dernières semaines qu’ils feraient la quasi-totalité de leur session d’automne à distance.

En entrevue téléphonique à La Presse, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur Jean-François Roberge salue leur initiative de « vouloir être prêt à toute éventualité », mais croit que « ça a pu faire peur à certains étudiants ».

« C’est une inquiétude qu’on avait, à savoir qu’en ayant une session exclusivement à distance, certains étudiants pouvaient être démobilisés face à cette situation, parce que ce n’est pas l’expérience universitaire et collégiale à laquelle on s’attend », dit Jean-François Roberge. Il ajoute qu’il veut « favoriser les rencontres » entre étudiants et professeurs et que « tout le monde » s’entend sur ce principe.

Des mesures sanitaires strictes

Dans tous les cas, écrit le ministère de l’Éducation, les mesures sanitaires devront être strictes. Les cégeps et universités devront s’adapter rapidement aux nouvelles directives qui pourraient être émises par la Santé publique d’ici l’automne et se préparer à un confinement « rapide d’une partie ou de l’ensemble des membres de la communauté » si des cas positifs à la COVID-19 survenaient.

Le ministre demande aussi aux établissements de mettre en place des mesures spécifiques pour les étudiants en situation de handicap, ceux qui sont en fin de parcours ou de stage, les étudiants nouvellement admis, ceux qui ont de l’anxiété et ceux qui ont des contraintes technologiques ou matérielles.

Le retour de la Cote R au cégep

Suspendue en raison de la fin abrupte de la dernière session, la cote R sera à nouveau comptabilisée cet automne. Toutefois, Québec maintient certains assouplissements pour les cégeps : le calendrier pourra compter un minimum de 60 jours plutôt que 82, le plan de cours des enseignants pourra être modifié selon l’évolution de la situation pandémique et une mention « incomplet » pourrait être accordée aux étudiants en raison du coronavirus.