Même si elle est ouverte depuis le début de la semaine, plus de la moitié des élèves d’une école primaire des Basses-Laurentides ne peuvent la fréquenter parce qu’ils vivent à Mirabel, une ville incluse dans la zone chaude. Une situation qui exaspère des parents.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

L’école de la Volière à Saint-Colomban accueille habituellement environ 500 élèves. Comme toutes les écoles primaires situées à l’extérieur de la grande région de Montréal, elle a rouvert ses portes lundi dernier.

Or, plus de la moitié des élèves (342) qui la fréquentent vivent à Mirabel, une ville située en zone chaude puisqu’elle fait partie de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

Sonia Gagné a trois enfants qui fréquentent cette école, située à moins de deux kilomètres de chez elle. Malheureusement pour eux, leur maison est au mauvais endroit et ils ne peuvent donc y retourner.

« Je suis vraiment fâchée. Je comprends le contexte de l’école de Montréal, je comprends qu’on n’ouvre pas. Mais ils englobent Saint-Eustache, Mirabel, les Laurentides. Ça ratisse beaucoup trop large », dit la mère, qui met quiconque au défi d’essayer de faire comprendre cette logique à des enfants de 8 et 10 ans.

« C’est leur école de quartier ! », s’exclame Sonia Gagné. Après avoir dit à ses enfants qu’ils pourraient retourner à l’école, elle a dû leur annoncer que la commission scolaire avait fait volte-face. Jeudi, elle a appris à ses enfants qu’ils ne pourront retourner à l’école d’ici septembre, même si elle est ouverte pour d’autres.

Ils ont beaucoup de peine. Leur enseignante dit que le retour se passe super bien et que les élèves sont vraiment heureux de se revoir.

Sonia Gagné

Lundi matin, Jérôme Ryckewaert est allé conduire sa fille à l’école en pensant qu’elle y retournerait comme tous les autres élèves. Or, parce que l’adresse de son ancienne conjointe est à Mirabel, dans la Communauté métropolitaine de Montréal, on a demandé à sa fille de quitter la classe où elle venait de retrouver ses camarades.

« Comment ça se fait que quelqu’un, quelque part dans la commission scolaire, n’a pas pensé à élargir l’autorisation à certains cas précis ? La mission de l’école, c’est d’accueillir les enfants, pas de les exclure », dit le père.

Une directive du Ministère, dit la Commission scolaire

La commission scolaire de la Rivière-du-Nord, qui doit composer avec des écoles situées en zone chaude et d’autres en zone froide, dit qu’elle comprend que des parents soient déçus, mais affirme qu’elle applique une directive du ministère de l’Éducation.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

L’école de la Volière, à Saint-Colomban

« Celle-ci veut que le retour à l’école des élèves habitant sur le territoire de la CMM, dont fait partie Mirabel, soit repoussé. Des discussions sont en cours avec le Ministère pour évaluer la possibilité d’un retour en classe de notre clientèle de Mirabel, mais aucune directive ne nous a encore été transmise à cet effet », explique sa porte-parole Nadyne Brochu. Selon le site internet de la commission scolaire, les élèves de deux autres écoles sont dans la même situation.

Sonia Gagné dit avoir appris qu’au moins trois classes de l’école de la Volière se retrouvent ainsi sans élèves, tandis que des enseignants n’ont que deux enfants dans leur groupe.

La Commission scolaire a refusé de confirmer ou d’infirmer ses dires. « Nous avons un portrait général, mais pas par classe. Au total, 6488 élèves sont de retour, soit 48 % », dit Nadyne Brochu.

« On n’a même pas l’option d’y envoyer nos enfants », se désole Sonia Gagné.