La Ville de Montréal pourrait prolonger l’état d’urgence jusqu’au 2 juillet. Les élus de l’ensemble du territoire de l’agglomération seront appelés lors du prochain conseil à adopter une motion afin de permettre à l'administration Plante d'étendre ces mesures exceptionnelles sans convoquer tous les élus montréalais à tous les cinq jours.

Sara Champagne Sara Champagne
La Presse

Cette délégation de pouvoirs sur l’état d’urgence est décrétée en vertu de la Loi sur la sécurité civile. Il est applicable pour l’ensemble des arrondissements et les 15 autres municipalités de l’île de Montréal. La région métropolitaine renouvelle l’état d’urgence en raison de la pandémie depuis le 27 mars.

Les élus ont adopté jeudi lors d’un conseil spécial un avis de motion ouvrant la voie à son prolongement jusqu’au 2 juillet.

En vertu de la loi, ce statut accorde aux autorités des pouvoirs exceptionnels permettant de faire face à la pandémie, notamment en favorisant la mobilisation des ressources matérielles et humaines requises à la lutte à la COVID-19. Le comité exécutif peut prolonger cet état d'urgence pour 5 jours à la fois. La délégation permet d'éviter d'avoir à convoquer tous les élus montréalais à chaque prolongation.

Lors du vote des élus de l’agglomération, jeudi en fin de journée, le président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Benoit Dorais, a indiqué qu’une rencontre aurait lieu prochainement pour faire le point sur les dépenses engendrées par l’état d’urgence. Il a précisé que les « factures » ont déjà été transmises au gouvernement du Québec.

« Il y aura une reddition de comptes », a-t-il assuré.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Le président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Benoit Dorais.

Masques

Un peu plus tôt jeudi, les élus de la Ville de Montréal ont tenu un conseil spécial pour approuver un vaste plan d’aide des petites et moyennes entreprises, comme annoncé précédemment par la mairesse Valérie Plante.

Le chef du parti d’opposition Ensemble Montréal, Lionel Perez, a profité du conseil pour revenir sur la question du port du masque dans les transports en commun.

D’ici le mois de juin, la Société de transport de Montréal (STM), doit en recevoir 500 000 pour les distribuer. M. Perez a demandé à l’administration ce qu’elle entend faire d’ici le 25 mai, date projetée du déconfinement graduel de la métropole ? Selon lui, la mairesse doit faire preuve de davantage de leadership dans ce dossier.

« Au cours des trois dernières semaines, il y a eu refus de le rendre obligatoire à cause de la capacité à distribuer des masques à tous les citoyens. Le gouvernement a assuré qu’il va veiller à approvisionner Montréal. Mais, est-ce qu’on va maintenir la position actuelle ou le rendre obligatoire », a martelé M. Perez, chef d’Ensemble Montréal.

Benoit Dorais, président du comité exécutif, a réitéré que des « couvre-visages » seront distribués dès la semaine prochaine par la Société de transport de Montréal (STM).

« Ça va devenir une norme sociale, a ajouté M. Dorais. Il faut que les gens l’adoptent. Ce sera une règle complémentaire aux normes sanitaires. Et s’il y a leadership, c’est bien de la part de la mairesse Plante. Elle a d’ailleurs été la première élue à le porter dans le cadre d’une conférence de presse », a-t-il déclaré.

Précision

Dans une version précédente de ce texte, nous indiquions que Montréal prolongeait l'état d'urgence jusqu'au 2 juillet. Or, les élus ont seulement adopté un avis de motion qui devrait être voté lors du conseil municipal du 25 mai. De plus, la résolution délègue simplement au comité exécutif le pouvoir de prolonger l'état d'urgence pour des périodes de cinq jours jusqu'au 2 juillet.