(Montréal) Les syndicats de préposés aux bénéficiaires attendent maintenant que Québec dépose aux tables de négociation son offre d’augmentation de 12 %, évoquée samedi par le président du Conseil du trésor, Christian Dubé.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

Samedi, le ministre a écrit sur Twitter que « le gouvernement est prêt à offrir une bonification importante de rémunération cotisable permanente aux PAB (préposés) et non via des primes ».

Lundi, les deux organisations syndicales concernées, à savoir la FTQ et la Fédération de la santé et des services sociaux, affiliée à la CSN, ont affirmé ne pas en avoir vu la couleur aux tables de négociation.

« Non, 12 %, on n’a pas ça aux tables. Ça ne se traduit pas aux tables de négociation. On n’est pas à 12 % intégré à l’échelle de salaire », a corrigé le président de la FTQ, Daniel Boyer, en entrevue avec La Presse canadienne, lundi midi.

La FTQ représente plus de 10 000 préposés aux bénéficiaires dans le secteur public, sans compter ceux du privé.

Ce chiffre de 12 % provient des dernières primes que le ministre Dubé a annoncées jeudi dernier, soit 100 $ par semaine pour les préposés — entre autres salariés — qui travailleront à temps plein en CHSLD. Pour le moment, ces primes, qui équivalent pour eux à 12 %, ne sont pas intégrées au salaire.

Lié à une entente globale

Le ministre Dubé a également été plus clair que jamais : cette fois, il a lié lui-même l’augmentation du salaire des préposés à la conclusion d’une entente avec l’ensemble des employés de l’État.

Ainsi, dans le même message, le ministre écrit qu’il est prêt à bonifier la rémunération des préposés de façon permanente, mais « à condition d’avoir une entente globale avec l’ensemble des syndiqués de la centrale ».

C’est pourtant l’information contraire qui était véhiculée jusqu’ici, puisque le gouvernement Legault mettait sur le dos des deux centrales syndicales concernées le fait qu’il n’y avait pas eu d’entente sur la rémunération des préposés. Selon lui, c’était la FTQ et la CSN qui s’opposaient à une entente spécifique pour les préposés.

« On ne s’objecte pas à ce que les préposés gagnent 12 % de plus », a insisté M. Boyer, qui a lui-même travaillé pendant des années comme préposé aux bénéficiaires.

Mais il fait valoir que si le gouvernement persiste à offrir « des miettes » aux autres employés, c’est eux qui rejetteront l’offre gouvernementale au moment du vote.

« Ce n’est pas Daniel Boyer qui décide ; ce sont nos membres qui votent. Et Québec attache ça à une entente globale. Eux vont dire "ce sont les préposés qui ont tout". On a fait des tests, on a consulté nos instances, et assez larges, pour se faire dire "ça passera pas" », a résumé le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec.