(Ottawa) Ottawa ne pouvait pas expliquer, mercredi, la lenteur du déploiement des 1000 militaires demandés par Québec il y a deux semaines.

Catherine Lévesque et Lina Dib
La Presse canadienne

Il y a actuellement 760 membres des Forces armées canadiennes déployés au Québec pour aider les établissements de soins de longue durée, a confirmé le président du Conseil du trésor, Jean-Yves Duclos. Dans ce nombre, le ministre inclut les 125 militaires ayant une formation médicale envoyés à la première demande faite par Québec.

Entre 500 et 550 travaillent directement dans 13 établissements. Ceux-ci sont situés, pour la plupart, dans la grande région de Montréal, a précisé M. Duclos. Les autres aident à la logistique de la mission et à la distribution de matériel, selon son porte-parole Karl Sasseville.

Mardi, le premier ministre du Québec, François Legault, a laissé entendre que ce déploiement prenait un peu trop de temps. Son gouvernement, il y a deux semaines, a demandé 1000 militaires, « des bras » pour les CHSLD.

Le 30 mars, le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, avait annoncé un plan pour déployer jusqu’à 24 000 membres des Forces armées canadiennes au pays, si nécessaire.

« Nous nous préparons à ceci depuis longtemps », avait alors dit le chef d’état-major de la Défense, Jonathan Vance. « Nous avons placé en isolement les militaires, pour qu’ils restent le plus en santé possible, et que nous puissions en déployer plusieurs milliers à la fois, si besoin est », avait-il indiqué, promettant des « spécialistes en médecine, logistique, ingénierie » pour répondre aux besoins des provinces.

Mercredi, le ministre Duclos a plaidé que tous les efforts étaient faits pour tenter de répondre à la demande de Québec.

« Le gouvernement canadien travaille très fort avec le gouvernement du Québec pour déployer davantage de militaires dans au moins sept autres CHSLD. Les Forces armées canadiennes travaillent aussi jour et nuit pour que le déploiement se fasse le plus rapidement possible », a-t-il dit.

« Et, à terme, il devrait y avoir plus de 1000 membres des Forces armées canadiennes lorsque ce déploiement sera terminé », a ajouté M. Duclos, sans fournir un quelconque échéancier.

Subventions salariales

En date du 5 mai, 110 000 entreprises avaient soumis une demande sur le portail de l’Agence de revenu du Canada pour bénéficier de la subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC).

Le ministre Duclos dit que la grande majorité de ces demandes ont déjà été traitées et que les entreprises commenceront à recevoir l’argent qui leur est dû à compter de jeudi, comme prévu.

La SSUC fournira 75 % du salaire des employés, pendant trois mois, et ce, rétroactivement au 15 mars. Les salariés ne pourront pas recevoir plus de 847 $ par semaine d’Ottawa et le gouvernement fédéral espère que les employeurs paieront le reste.

Pendant ce temps, la Prestation canadienne d’urgence fonctionne à plein régime. Ce sont 7,5 millions de Canadiens qui ont reçu au moins un paiement mensuel de 2000 $ jusqu’à maintenant, a indiqué M. Duclos.

Aide aux aînés

« On est rendu le 6 mai, le Parlement a arrêté de siéger le 14 mars, puis il n’y a pas une cenne qui est sortie », déplorait le chef du Bloc québécois, mercredi matin, au sujet de l’aide promise aux aînés.

Yves-François Blanchet demande que les prestations fédérales qui leur sont versées soient bonifiées de 25 $ par semaine pour compenser pour la hausse du prix du panier d’épicerie, entre autres.

Mardi, le premier ministre Justin Trudeau promettait qu’une annonce serait faite dans les prochains jours. Son président du Conseil du trésor n’était pas en mesure de fournir davantage de détails, mercredi.

Échanges aux Communes

Le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, a profité de la séance aux Communes pour offrir une mise à jour des éclosions de la COVID-19 dans les communautés des Premières Nations.

« Au 5 mai, nous avons vu 161 cas confirmés de la COVID-19 dans des communautés des Premières Nations sur les réserves et 16 cas dans des communautés Inuits, dans la région du Nunavik », a indiqué le ministre.

M. Miller a dit son soulagement lorsque le cas d’abord annoncé à Pond Inlet, au Nunavut, s’est avéré être une erreur. « La leçon à tirer de ça, c’est que nous devons demeurer vigilants », a-t-il fait remarquer, soulignant la vulnérabilité de ces communautés isolées.

Pendant la période des questions à laquelle participaient une trentaine d’élus en personne, le chef du Bloc québécois a demandé au gouvernement de « s’engager clairement » à prolonger les programmes d’aide existants pour s’adapter au « contexte d’urgence qui se prolonge ».

« C’est impossible aujourd’hui de (prévoir) exactement ce qui se passera avec le coronavirus. Mais le Canada sera là pour appuyer les Canadiens. […] Nous avons déjà fait beaucoup. 11 % du PIB, c’est beaucoup. Et nous allons faire tout ce (qui est) nécessaire dans l’avenir », lui a répondu la vice-première ministre Chrystia Freeland.

N’ayant aucun projet de loi à débattre, les élus ont terminé leur journée aux Communes par un débat exploratoire sur la réponse du gouvernement à la pandémie. Les bloquistes ont réclamé un énoncé économique avant l’été, se disant prêts à attendre l’automne pour voir un nouveau budget fédéral.

Nombre de cas

Il y a eu plus de970 000 tests administrés au Canada jusqu’à maintenant. Environ 6 % d’entre eux ont détecté la maladie.

Les tests ont permis de déceler 63 496 cas confirmés ou probables dans l’ensemble du pays. La COVID-19 a provoqué la mort de 4232 Canadiens.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux : 34 327 cas au Québec, dont 2510 décès ; 18 722 cas en Ontario, dont 1429 décès ; 5963 cas en Alberta, dont 112 décès ; 2255 cas en Colombie-Britannique, dont 124 décès ; 998 cas en Nouvelle-Écosse, dont 41 décès ; 512 cas en Saskatchewan, dont six décès ; 284 cas au Manitoba, dont sept décès ; 259 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès ; 120 cas au Nouveau-Brunswick, tous guéris sauf deux ; 27 cas à l’Île-du-Prince-Édouard, dont 26 guéris ; 11 cas au Yukon, tous guéris ; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest, tous guéris ; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas, tous guéris, chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.