Affirmant que plusieurs de ses 76 000 membres sont « à bout de souffle », la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) demande au gouvernement d’envoyer un signal clair disant que les infirmières et autres professionnelles du réseau auront droit à des vacances cet été.

Ariane Lacoursière Ariane Lacoursière
La Presse

« On veut que le gouvernement annonce qu’elles auront un moment pour se reposer », a affirmé la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, en conférence de presse ce matin.

Alors que le gouvernement a annoncé cette semaine les mesures prochaines du déconfinement, le réseau de la santé est « encore en pleine crise », indique Mme Bédard.

Celle-ci mentionne que depuis le début de la pandémie de COVID-19, les professionnelles en soins travaillent d’arrache-pied. Dans les CHSLD, elles ont vécu des « situations extrêmement dramatiques ». « Nos personnes âgées sont tombées par dizaines sous les yeux de nos soignantes », dit Mme Bédard, qui estime que « les professionnelles en soins ont besoin d’aide ».

La FIQ a reçu plus de 750 témoignages de membres qui relatent les difficultés encore vécues sur le terrain. Celles-ci dénoncent entre autres des communications incohérentes des directions, un manque de matériel, de personnel, la peur d’être contaminées et les deuils quotidiens.

« Elles parlent d’une série d’obstacle qui les empêchent de soigner », ajoute Mme Bédard, qui souligne que « le combat contre la COVID-19 est loin d’être terminé ».

Pour Mme Bédard, le décret gouvernemental adopté pour faire face à la crise et qui donne la pleine autorité au gouvernement de placer la main-d’œuvre au service de la pandémie met beaucoup de pression sur les professionnelles en soins.

Mme Bédard explique que plusieurs vivent des changements d’horaire, des déplacements forcés. Le nombre de quarts de travail de fin de semaine augmente. Plusieurs se font dire qu’elles n’auront pas de vacance cet été.

« Elles ne savent plus ni quand ni comment elles pourront avoir droit à un peu de repos. […] Je parle aux employeurs : on a besoin de garder nos professionnels en soins pour les patients, pour la population », dit-elle.

Mme Bédard a interpellé jeudi matin le gouvernement et lui a demandé d’envoyer un signal clair disant que le droit de vacances des soignants sera rétabli. « Sans quoi le réseau de la santé va perdre grandement ses forces vives », dit-elle.