(Québec) Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge ne qualifie plus de « vacances » le reste de l’année scolaire bouleversé par le coronavirus. Il se fait maintenant « plus exigeant » alors que les écoles primaires vont rouvrir à compter du 11 mai, comme les garderies d’ailleurs. Et ce n’est pas parce que les écoles secondaires restent fermées jusqu’en septembre que « l’année est finie et que ça ne compte plus », prévient-il. Réponse à des questions que plusieurs se posent au sujet de l’annonce du gouvernement Legault.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Un parent est-il obligé de retourner son enfant à l’école primaire ?

Non. C’est volontaire. Le premier ministre François Legault a indiqué que « les enfants qui ont des problèmes de santé » ne devraient pas retourner à l’école pour l’instant, et les parents qui ont des ennuis de santé, comme une maladie chronique, « devraient garder leurs enfants à la maison ». Le gouvernement incite toutefois les parents dont les enfants ont « des difficultés scolaires », des « besoins particuliers », ou qui étaient en situation d’échec après les deux premières étapes à opter pour un retour en classe. Québec s’attend à ce que la moitié des enfants du primaire remettent les pieds à l’école. Les enfants qui restent à la maison continueront de recevoir des trousses pédagogiques pour poursuivre des apprentissages. Les parents devront aviser l’école au moins une semaine à l’avance de leur choix de retourner leur enfant en classe.

L’année scolaire est-elle terminée au secondaire parce que les écoles restent fermées jusqu’au 1er septembre ?

La réponse du gouvernement a changé sur le sujet. « On se permet d’être un peu plus exigeants puis un peu plus directifs », a indiqué Jean-François Roberge. Lors de l’annonce de la fermeture des écoles le 13 mars, il avait dit que le confinement représente des « vacances » autant pour les élèves que les enseignants. Lundi, il a reconnu une « gradation » dans son discours. « Ce n’est pas vrai de dire que l’année est finie au secondaire et que ça ne compte plus. Les enseignants ne sont pas en congé et les élèves non plus », a-t-il soutenu. Il a ajouté : « L’adolescent de niveau secondaire qui est à la maison doit poursuivre une scolarisation. Les parents doivent accompagner leurs adolescents. » Il a rappelé que la fréquentation scolaire est obligatoire de 6 à 16 ans « même si on ferme les bâtiments ». Les parents d’élèves du primaire doivent également « s’acquitter de l’obligation de fréquentation scolaire des élèves en accompagnant leurs enfants à la maison dans leurs apprentissages et en leur faisant suivre les vidéos, faire les lectures, faire des travaux ».

Y aura-t-il des évaluations ?

Jean-François Roberge a soulevé la possibilité que des enseignants « décident d’évaluer les apprentissages qui sont faits par des travaux, par des traces, par des échanges en direct avec les élèves ». Les enseignants pourront tenir compte des travaux pour « moduler la note » d’un élève. Le 13 mars, il avait dit que les élèves passeront au niveau suivant selon le jugement de leur enseignant basé sur les résultats des deux premiers bulletins. Le principe demeure. Mais un élève vulnérable pourrait « se rattraper » et « sauver son année » en performant bien au cours des prochaines semaines. « Un élève du secondaire qui aurait bien réussi ses deux premières étapes n’est pas en danger d’échouer son année », a-t-il ajouté.

Quelle sera la taille des groupes et des classes ?

À la garderie ou au CPE, la taille d’un groupe est réduite de moitié (donc quatre enfants par éducatrice au lieu de huit, par exemple). Québec limitera le taux global d’occupation de 30 % dans une installation. À l’école, ce sera un maximum de 15 élèves par classe, afin de respecter une distanciation physique de deux mètres.

Où trouver le personnel supplémentaire qui pourrait être requis ?

Jean-François Roberge a indiqué que les finissants au baccalauréat de quatre ans en sciences de l’éducation, mais aussi les étudiants qui ont complété trois ans de formation, seraient appelés en renfort, en plus des suppléants. Et « si jamais on a besoin d’encore plus de personnel, on pourra peut-être réaffecter des enseignants du secondaire », a-t-il souligné.

Le personnel devra-t-il porter un équipement de protection ?

Les éducatrices des services de garde devront porter un masque qui leur sera fourni, mais pas les enseignants à l’école.

Que faire avec la récréation ?

Chaque classe sortira dans la cour en alternance pour réduire les contacts physiques. Pour le dîner, les enfants d’une même classe resteront ensemble et devront avoir leur repas, tout comme le personnel.

Y a-t-il des changements pour le transport scolaire ?

Le chauffeur sera protégé par un panneau de plexiglass. On autorisera un enfant par banquette. Il est possible que les autobus utilisés pour le transport des élèves du secondaire soient requis pour les enfants du primaire.

Comment l’enseignement à distance sera-t-il rendu possible ?

La TELUQ offrira une formation gratuite de 20 heures sur « la technopédagogie et l’enseignement à distance » aux enseignants à compter du 4 mai. Sur invitation des écoles, les parents pourront aller récupérer le matériel pédagogique de leur enfant et « se faire prêter des outils technologiques, des tablettes et des ordinateurs », a indiqué Jean-François Roberge. Il a également annoncé la conclusion d’une entente avec Telus et Apple pour le prêt de 15 000 tablettes reliées au réseau cellulaire LTE pour les enfants qui n’ont pas un ordinateur ou une connexion internet à la maison.

Qu’arrivera-t-il si un cas de COVID-19 est confirmé à l’école ou à la garderie chez un enfant ?

Il n’y aura pas fermeture automatique de l’établissement. Selon les explications du DRichard Massé de la Direction de la santé publique, « on retire l’enfant, c’est certain. On essaie de voir s’il y a d’autres cas qui sont associés. S’il y a d’autres cas associés, c’est possible qu’on prenne des mesures plus grandes au niveau de l’école. Mais avant de fermer l’école, on va voir qu’est-ce qui se passe au niveau de la transmission. Donc, ça veut dire une enquête et puis d’essayer de voir ce qui se passe dans l’école ».

Les parents qui font le choix de ne pas renvoyer leur enfant au CPE ou à la garderie devront-ils payer des frais ou perdront-ils leur place ?

Dans les deux cas, la réponse est non. Le gouvernement versera une compensation aux services de garde.

Que se passe-t-il avec la formation générale aux adultes et la formation professionnelle ?

Dans le premier cas, les établissements restent fermés et on poursuit l’enseignement à distance. Pour la formation professionnelle, « les recommandations de la Santé publique sont à l’effet de nous permettre d’organiser, à l’occasion, des demi-groupes » pour permettre l’apprentissage de techniques – la soudure par exemple – tout en respectant la distanciation de deux mètres, a dit Jean-François Roberge.