(Montréal) Un aréna de LaSalle héberge maintenant un hôpital mobile de la Croix-Rouge canadienne qui est installé pour la toute première fois en sol québécois. Il s’agit d’équipement qui sert habituellement en zone de guerre ou de catastrophe.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Au cours des prochaines semaines, la patinoire transformée accueillera des patients de centres d’hébergement de soins de longue durée atteints de la COVID-19.

Pour le moment, ces patients sont dirigés vers l’hôpital de LaSalle. Or, l’unité COVID-19 est remplie à environ la moitié de sa capacité et on estime que d’ici une semaine ou deux, ces 40 lits supplémentaires seront nécessaires.

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« On voit qu’il y a des transferts qui proviennent des CHSLD, on veut donner aux patients la meilleure chance de se rétablir et on veut sauver des vies », a déclaré Lynne McVey, présidente-directrice générale du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal.

L’aréna Jacques-Lemaire, situé tout juste à côté de l’hôpital, a ainsi été réquisitionné. On a installé dix tentes pouvant accueillir chacune quatre lits en plein centre de la patinoire. Les employés se changeront dans les vestiaires qui accueillaient jusqu’à tout récemment des joueurs de hockey.

L’espace est séparé en deux zones : dans la « zone froide », les employés prépareront notamment des repas dans une cuisine installée sur la patinoire. Dans la « zone chaude » se trouvent les tentes, la pharmacie et le poste des infirmières. Les patients seront équipés de bracelets pour communiquer avec le personnel.

Les lieux pourront accueillir jusqu’à une centaine d’employés. La Croix-Rouge a prêté les tentes et le CIUSSS fournit l’équipement médical.

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« Le matériel qu’on déploie ici, c’est celui qu’on envoie normalement en zone de guerre, en zone de catastrophe. La première fois qu’on a déployé notre hôpital, c’était en Haïti il y a dix ans. Ça fait 25 fois qu’on le déploie à l’étranger », explique Pascal Mathieu, vice-président de la Croix-Rouge canadienne.

La Croix-Rouge a aussi déployé des équipes dans dix CHSLD pour les « conseiller sur les meilleures pratiques en matière de contrôle des infections ». « L’idée, c’est de faire tout le coaching nécessaire pour réorganiser les lieux, former le personnel, revoir les pratiques avec eux. On reste une semaine sur le site et on quitte quand le CIUSSS nous dit que l’endroit est sécurisé », dit Pascal Mathieu.

« On applique ce qu’on a appris en combattant l’Ebola en Afrique », ajoute-t-il.

Est-ce que la Croix-Rouge aurait souhaité être appelée plus tôt par ce CIUSSS, qui compte sept CHSLD dans la liste des endroits jugés critiques par Québec ?

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« On répond à la demande des autorités. On est intervenu quand il est devenu évident qu’ils auraient besoin de nous », a déclaré le vice-président de la Croix-Rouge canadienne, rappelant les valeurs de « neutralité » de l’organisation.

La mairesse de l’arrondissement de LaSalle, Manon Barbe, a tenu à saluer la collaboration entre ses employés, le CIUSSS et la Croix-Rouge qui ont réussi à rendre l’hôpital mobile opérationnel en huit jours. L’arrondissement s’est notamment chargé de l’approvisionnement en eau et en électricité des lieux.

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Selon le plus récent bilan de la direction régionale de la santé publique de Montréal, on compte 11 621 cas confirmés, dont 938 décès.

Plus précisément sur le territoire du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, on recense 1167 cas confirmés.

– Avec La Presse canadienne