(Québec) Québec envisage de serrer la vis aux agences privées de placement de personnel dans le réseau de la santé, dont certaines ont gonflé leurs prix depuis le début de la pandémie. Des agences font du maraudage dans les résidences pour aînés pour ensuite revendre les services des travailleurs recrutés avec une facture salée, selon des informations colligées par La Presse au cours des derniers jours.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Le ministère de la Santé et des Services sociaux se penche sur ces pratiques abusives, comme il les qualifie lui-même, une information également confirmée par une source gouvernementale. Des mesures sont envisagées pour contrer le phénomène.

Des factures que La Presse a obtenues montrent que des agences ont gonflé leurs prix depuis le début de la pandémie. Par exemple, des agences qui facturaient 25 $ l’heure, plus taxes, pour retenir les services de l’un de ses préposés aux bénéficiaires a fait passer la note à 40 $ voire 50 $. Pour une infirmière auxiliaire, la facture atteint 70 $ l’heure ; pour une infirmière, plus de 90 $.

Une source indique que des agences font du maraudage, attirent des employés des résidences avec des offres alléchantes. Elles revendent ensuite les services des nouvelles recrues à gros prix, ajoute-t-elle.

Une autre agence facture même la prime de 4 $ l’heure créée par le gouvernement pour les préposés aux bénéficiaires dans les résidences. Elle le fait en plus rétroactivement au 20 février.

Le gouvernement a créé un programme de plusieurs dizaines de millions de dollars pour aider les résidences à embaucher du personnel. Des sources du réseau de la santé constatent que des agences de placement en profitent pour faire grimper les prix, faisant valoir aux résidences que le gouvernement paiera la note au bout du compte.

Les inquiétudes se sont manifestées depuis quelques jours sur le terrain. Elles sont partagées en haut lieu à Québec, selon des informations que La Presse a obtenues.