(Ottawa) Depuis lundi, le Canada et le Mexique sont formellement exemptés de l’application de la US Defense Production Act (DPA), un gain qui met fin à l’incertitude qui planait quant à l’achat d’équipements médicaux fabriqués par les compagnies américaines telles que 3M par les deux principaux partenaires commerciaux des États-Unis.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

Le chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis au Canada, Richard Mills, a confirmé jeudi à des journalistes canadiens que le Canada et le Mexique ont obtenu cette exemption le 21 avril, soit environ trois semaines après que l’administration Trump eut invoqué la US DPA.

Cette loi, qui remonte à la Guerre de Corée, permet à l’administration d’imposer des conditions aux manufacturiers américains, par exemple le type de produits q’ils fabriquent en priorité, et d’en limiter les exportations.

Le président américain Donald Trump a décidé d’invoquer cette loi pour empêcher la compagnie américaine 3M d’exporter des masques N95 vers le Canada et des pays de l’Amérique latine. Cette décision, qui avait a soulevé l’ire des autorités canadiennes, et en particulier du premier ministre de l’Ontario Doug Ford a toutefois été partiellement infirmée une semaine plus tard et la compagnie a pu reprendre ses exportations vers le Canada.

M. Mill a jugé important d’éliminer toute confusion au sujet de la chaine d’approvisionnement d’équipements médicaux sur le continent nord-américain en expliquant que cette exemption s’imposait étant donné les liens étroits qui existent entre le Canada et les États-Unis.

« Les États-Unis et le Canada travaillent étroitement sur plusieurs fronts afin de protéger nos citoyens durant cette pandémie de COVID-19. Il y a trois mots qui débutent par la lettre "c" et qui résument bien les relations entre nos deux pays : coordination, communication et collaboration », a affirmé M. Hills en point de presse virtuel.

Il a soutenu que le secrétaire d’État Mike Pompeo a, dés le début de la crise, assurer le ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne que les États-Unis comptaient tout mettre en œuvre pour protéger la chaine d’approvisionnement sur le continent nord-américain.

« Cela a été au cœur de nos motivations depuis le début de la pandémie dans nos relations avec le Canada », a-t-il assuré.

Il a soutenu qu’il y a eu des « informations erronées » qui ont circulé au sujet de l’exportation de masques vers le Canada qui, selon lui, ont pu donner l’impression que les deux pays étaient à couteaux tirés pour obtenir des précieuses fournitures médicales.

« Il y a eu une histoire ce mois-ci indiquant que les États-Unis ont saisi des cargaisons à destination du Canada à la suite de l’application de la US DPA. C’est frustrant de voir cela et je crois que cela a aussi frustré plusieurs Canadiens. Mais je peux vous assurer que ce reportage était erroné. Le gouvernement des États-Unis n’a pas saisi ces équipements et ne les a pas retenus non plus », a-t-il affirmé.

Il a aussi souligné que le Canada et les États-Unis ont travaillé en étroite collaboration pour rapatrier les ressortissants des deux pays.

M. Hills a aussi rappelé que le Canada et les États-Unis ont annoncé en fin de semaine, d’un commun accord, que la frontière entre les deux pays allait demeurer fermée pour les voyages non essentiels pour une autre période de 30 jours soit jusqu’au 21 mai.