(Ottawa) Les Autochtones qui vivent dans des centres urbains sont négligés par les programmes d’aide fédérale en réponse à la pandémie de COVID-19, selon l’Association nationale des centres d’amitié.

Laura Osman
La Presse canadienne

L’association a déclaré devant le Comité permanent de la santé de la Chambre des communes, mardi, que ses centres répartis partout à travers le pays ont été submergés de demandes d’aide. Mais ces centres d’amitié locaux, comme Montréal Autochtone, ont du mal à fournir leurs services avec des fonds limités et un soutien insuffisant du gouvernement fédéral, a-t-on fait valoir.

Leurs travailleurs et bénévoles préparent et livrent de la nourriture ainsi que des remèdes de médecine traditionnelle, tout en répondant à un nombre croissant d’appels en lien avec de la violence sexuelle et familiale et en aidant les gens à recevoir les soins médicaux nécessaires, a exposé la directrice générale Jocelyn Formsma.

À tout cela s’ajoutent les demandes venant de la part d’organismes non autochtones, qui les sollicitent pour dispenser des services aux membres de ces communautés et pour diriger des groupes de travail se penchant sur les réalités autochtones en milieux urbains.

Le gouvernement fédéral a récemment promis 305 millions pour soutenir les collectivités des Premières nations, des Inuits et des Métis, dont 15 millions pour les organismes fournissant des services à ceux qui vivent hors des réserves ou dans les centres urbains.

Le député conservateur Gary Vidal a souligné mardi que même si plus de la moitié des Autochtones ne vivent pas dans des réserves, les organisations qui leur fournissent des services n’ont reçu que 5 % des sommes prévues dans le programme fédéral.

Le président de l’Association nationale des centres d’amitié, Christopher Sheppard-Buote, a qualifié l’approche du gouvernement fédéral d’« irrespectueuse ». Aucun échéancier n’a été imposé aux collectivités autochtones cherchant à obtenir des fonds fédéraux, mais les organismes communautaires qui les desservent en milieu urbain avaient jusqu’au 13 avril seulement pour soumettre leurs demandes.

M. Sheppard-Buote dénonce ce fardeau supplémentaire pour des organismes qui en arrachent déjà.

Et les sommes ne correspondent pas à la hauteur des besoins, a-t-il déploré.

« Ce n’est pas assez d’argent. Point final. »

L’Association nationale des centres d’amitié a appris lundi qu’elle recevrait 3,7 millions, un montant qui doit être distribué à travers ses plus de 100 établissements membres.

« Nous apprécions certainement ce soutien, mais nous savons que ces fonds ne dureront pas longtemps », a déclaré Mme Formsma.

Il faut effectivement accorder une attention particulière aux collectivités nordiques et éloignées, de même qu’aux Autochtones vivant dans les réserves, fait valoir M. Sheppard-Buotecroit, mais les politiques publiques doivent également tenir compte des populations autochtones dans les centres urbains, qui sont loin d’être à l’abri des inégalités.