Le coronavirus n’épargne pas les services les plus sollicités par la pandémie : les bureaux du 811 à Montréal et à Laval ont été victimes de contamination dans les dernières semaines, a pu confirmer La Presse.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

En tout, au moins 18 travailleurs de ces services ont testé positif à la COVID-19. Il n’y a pas eu d’interruption de service.

« Il y a 12 employés de la centrale téléphonique 811 Info-santé/Info-social [de Montréal] qui sont infectés par le virus », a indiqué Carl Thériault, porte-parole de l’organisation qui chapeaute le service d’aide téléphonique pour la métropole. « De plus, il y a sept autres employés qui sont en attente d’un test de dépistage ou des résultats d’un test. »

Du côté de Laval, six employés du 811 ont testé positif à la maladie. À cet endroit, ce sont les travailleurs d’Info-Social – où sont dirigés les citoyens qui ont besoin de parler à un travailleur social – qui ont été contaminés. Tous vont bien.

« Nous ne sommes pas en présence d’une “éclosion”. Il s’agit bien d’une transmission communautaire. En effet, une personne asymptomatique a, probablement, fait entrer le virus », a indiqué la porte-parole Judith Goudreau.

« Le Service à la population a toujours été maintenu, puisque nous avons du personnel d’autres services qui sont venus prêter main-forte », a-t-elle ajouté.

Sécurité critiquée

Carl Thériault a indiqué que les 12 travailleurs montréalais avaient été contaminés « malgré la mise en place d’une vingtaine de mesures qui visent à prévenir la propagation de la COVID-19 dans le milieu de travail ».

Du côté lavallois, une employée du service affecté a dénoncé, en entrevue avec La Presse, les mesures de sécurité qui étaient en place au moment où la contamination a eu lieu. Elle rapporte que dans les premières semaines de la pandémie, la menace ne semblait pas être prise au sérieux.

« Il y a fallu que la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) intervienne pour que mon équipe travaille en sécurité », a déploré Josée McGrath, travailleuse sociale. « Les règles de distanciation sociale n’étaient pas respectées », notamment quant à la distance entre bureaux, a-t-elle continué.

Mme McGrath a envoyé une lettre au premier ministre François Legault et à la ministre de la Santé Danielle McCann pour se plaindre de la façon dont ses patrons ont géré la crise. « Je déplore l’inaction et l’intransigeance de mon employeur face à sa responsabilité d’assurer la sécurité de mon équipe, et ce, malgré l’expression de nos inquiétudes », écrit-elle. L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services (APTS), le syndicat de Mme McGrath, appuie sa démarche.

Mme Goudreau, porte-parole de l’employeur dans ce dossier, a souligné que la réaction des gestionnaires avait été rapide.

« Dès que nous avons été mis au courant [du premier cas], toutes les mesures ont été prises rapidement, notamment le dépistage de certains employés », a-t-elle indiqué. « La CNESST a produit un rapport favorable à la suite de ces cas confirmés. »