La résidence privée Notre-Dame de la Victoire, à Saint-Hubert, a été prise en charge par le CISSS de la Montérégie-Centre puisque la quasi-totalité du personnel et 70 % des résidants sont atteints de la COVID-19.

Émilie Bilodeau Émilie Bilodeau
La Presse

Hélène Tétreault s’est présentée à la résidence privée, dimanche, afin de remettre des médicaments, des couches, des magazines et des beignets à sa mère par l’entremise d’un employé. Il y avait un branle-bas de combat, a-t-elle remarqué.

« Il y avait tout plein de monde, la directrice du CISSS, des employés, une équipe de ménage. Ils ont pris le contrôle de la résidence », a raconté Mme Tétreault. Dans la journée, elle a aussi reçu un appel qui l’a bouleversée : sa mère a reçu un résultat positif au test de dépistage de la COVID-19.

Mme Tétreault se doute depuis au moins une semaine que la situation ne tourne pas rond à la résidence Notre-Dame de la Victoire.

Dimanche passé, quand je suis allée, une des préposées aux bénéficiaires était absente parce qu’elle avait des symptômes de grippe. C’est la fille de l’entretien ménager qui la remplaçait.

Hélène Tétreault

Esteben Harguindeguy, représentant syndical, indique que presque la totalité des employés de la résidence est malade. « Vous avez vu le cas de Herron la semaine passée. Ça s’apparente à ça. Quand on dit que les employés ont quitté la résidence, c’est parce qu’ils étaient tous malades », a-t-il dit.

Le CISSS confirme qu’il a « pris en charge » la résidence privée, dimanche, étant donnée « l’importante éclosion de la COVID-19 ». Sur les 50 résidents, 35 ont été déclarés positifs à la COVID-19. « Des préposés aux bénéficiaires et des infirmières du CISSS ont été dépêchés sur les lieux ainsi que quatre médecins. Les médecins ont procédé à l’évaluation de l’ensemble des résidants. Un agent de sécurité est aussi en place », a confirmé Martine Lesage, conseillère-cadre aux relations avec les médias du CISSS, par courriel.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

La résidence privée Notre-Dame de la Victoire, à Saint-Hubert

« Tout est sous contrôle »

Une préposée aux bénéficiaires à qui La Presse a parlé a été retirée de son milieu de travail vendredi dernier, après avoir commencé à souffrir de symptômes grippaux. Elle a reçu le résultat de son test de dépistage dimanche : il est positif.

« On est tous atteints. Tous les préposés », affirme-t-elle.

« Ma chum travaillait samedi soir avec deux filles du CLSC qui n’ont pas voulu donner de toilette partielle aux résidants parce qu’ils avaient la COVID-19, poursuit la préposée aux bénéficiaires. Mon amie ne pouvait pas tout faire. Il y a 50 personnes là-dedans. »

Depuis une semaine, Nathalie Cook soupçonne une éclosion de COVID-19 dans la résidence où vit sa mère. Elle a même alerté le CISSS. Comme les autres familles jointes par La Presse, elle déplore qu’on ne l’ait pas informée de la présence de la maladie dans la résidence et elle croit qu’on a voulu lui cacher la vérité.

Après plusieurs tentatives, j’ai finalement réussi à parler à la directrice du centre vers la fin de la semaine. Elle a dit qu’il n’y avait que deux ou trois cas, que ce n’était rien d’alarmant. Elle a dit qu’elle n’était pas obligée de prévenir les familles.

Nathalie Cook, dont la mère habite la résidence Notre-Dame de la Victoire

Durant leur appel, la directrice lui aurait aussi dit qu’elle tentait de faire tester tous les résidants, mais qu’elle n’arrivait pas à joindre le CLSC. « J’ai reçu un message d’une infirmière auxiliaire qui m’a dit tout le contraire, qu’ils se battaient en fait pour avoir des tests, mais que la direction ne voulait pas », a précisé Mme Cook.

Lucie Barriault a pour sa part réussi à parler à la directrice du centre mercredi dernier en apprenant par Facebook qu’il y avait quelques cas de COVID-19 parmi les résidants. Celle-ci lui aurait dit que « tout était sous contrôle ». Puis, dimanche, la sœur de Mme Barriault a reçu un appel lui confirmant que leur père avait été déclaré positif à la COVID-19.

« Je pense que la directrice a détourné la vérité », estime Mme Barriault.

Les propriétaires de la résidence Notre-Dame de la Victoire n’ont pas rappelé La Presse, dimanche soir.