Des employés de deux CHSLD du nord de Montréal ont signalé ne pas avoir l’équipement de protection nécessaire pour mener à bien leurs tâches en pleine pandémie. La FIQ est intervenue samedi auprès de l’employeur, alors que l’usage des blouses de protection aurait été restreint.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

« Ça ne devrait pas arriver, des employés qui m’appellent le matin pour me dire qu’ils doivent aller travailler sans blouse. On ne devrait pas avoir à intervenir de cette façon », note Kathleen Bertrand, présidente de la FIQ-Syndicat des professionnelles en soins du Nord-de-l’Île-de-Montréal.

C’est pourtant ce qui est survenu au CHSLD Laurendeau. Dans cet établissement du nord de Montréal, les blouses de protection semblaient être une denrée rare vendredi matin.

« Nous attendions un approvisionnement que nous avons reçu. Nous avons suffisamment de blouses de protection pour que les soins et services soient donnés de façon sécuritaire, tant pour nos usagers que notre personnel », explique Émilie Jacob, relationniste au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Nord-de-l’Île-de-Montréal.

Le CHSLD Notre-Dame-de-la-Merci, un autre CHSLD du nord de Montréal durement touché par la COVID-19, dispose de blouses réutilisables. Mais selon Mme Bertrand, on ignore si les quantités vont suffire. On les porte uniquement quand on visite un patient infecté par le virus ou un cas suspecté, lui a-t-on rapporté. Il y a une grande utilisation de ces vêtements protecteurs, d’où la modification de protocole.

Cette utilisation réduite provoque une vive inquiétude chez les employés, puisque même les patients asymptomatiques peuvent être contagieux. Les travailleurs seraient donc à risque de contracter la maladie, mais aussi de devenir un vecteur de transmission.

Le matériel de protection diminue considérablement les risques de contamination. Il ne devrait pas en manquer, plaide Mme Bertrand.

« Hier, il manquait de lingettes désinfectantes pour nettoyer les lunettes de protection. »

De son côté, le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal affirme désormais disposer de tout l’équipement nécessaire.

« Nos équipements sont gérés rigoureusement afin d’éviter une pénurie. Nos fournisseurs répondent à nos besoins et sinon, nous pouvons faire appel au ministère de la Santé et des Services sociaux », assure Émilie Jacob.

Pourtant, La Presse faisait état ce matin d’un autre CHSLD établi sur le territoire du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal aux prises avec une pénurie de blouses. Le CHSLD Berthiaume-Du Tremblay ne disposait pas d’assez de blouses pour la nuit jeudi soir et n’avait pas pu être ravitaillé.

Ce n’est qu’hier après-midi que l’établissement a reçu des vêtements protecteurs en provenance du CIUSSS.