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Suzanne Colpron Suzanne Colpron
La Presse

Peut-on attraper la COVID-19 deux fois ?

Le microbiologiste-infectiologue Karl Weiss, chef du service des maladies infectieuses de l’Hôpital général juif de Montréal, est formel : « À ce jour, la réponse, c’est non ». Les gens infectés par le coronavirus sont immunisés jusqu’à preuve du contraire.

Un vaccin a été trouvé rapidement contre la grippe A (H1N1). Pourquoi ce n’est pas le cas avec la COVID-19 ?

« On a une recette éprouvée pour faire des vaccins contre l’influenza », répond Raymond Tellier, microbiologiste au Centre universitaire de santé McGill. « Ce virus change chaque année et il faut refaire une préparation avec une nouvelle souche. Il y a un comité permanent de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui décide de la formulation du vaccin pour l’année. Ça prend six mois pour lancer la production. »

Pour ce qui est du coronavirus, c’est une autre histoire. Il n’y a jamais eu, jusqu’ici, de vaccin efficace contre un virus de la famille des coronavirus pour les humains.

« Il y a des maladies vétérinaires causées par le coronavirus pour lesquelles des vaccins ont été commercialisés, souligne M. Tellier. Mais ceux-ci sont loin d’être parfaits. Les exigences pour les vaccins vétérinaires sont moins grandes. Le but est de protéger les animaux jusqu’à l’abattoir. Si les vaccins sont efficaces à 85 %, on trouve que c’est acceptable, mais ce ne l’est pas pour les humains. »

Avant la crise du SRAS, en 2002-2003, les chercheurs n’avaient pas eu à développer de vaccin contre le coronavirus. « On n’en avait pas la nécessité », précise M. Tellier, qui rappelle que les recherches ont pris fin, en 2003, quand l’épidémie mondiale s’est résorbée.

Peut-on espérer rapidement un vaccin ? « On pense qu’il y a de bonnes chances qu’on réussisse d’ici un an, mais on en sera sûr seulement lorsqu’on aura un vaccin, répond le microbiologiste. Il y a des virus, comme l’hépatite C et le VIH, pour lesquels on n’a pas de vaccin malgré des années de recherche. Il n’y a pas de garantie que ça marche jusqu’à ce qu’on trouve la bonne recette. »

Quand aurons-nous accès aux tests sérologiques sur la COVID-19 ?

Les scientifiques pensent que la mise au point de ce test prendra de trois à six mois. Santé Canada devra ensuite donner son approbation. Rappelons que ce test a été développé par des chercheurs en chimie biomédicale de l’Université Laval et de l’Université de Montréal et qu’il devrait donner des résultats en quelques minutes. Il ne détectera pas si une personne est atteinte du coronavirus, mais plutôt si elle a déjà été infectée. L’équipe de recherche, dirigée par Denis Boudreau, professeur de chimie à l’Université Laval, a obtenu les autorisations nécessaires auprès des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

Est-ce qu’on peut procéder à l’ouverture et à l’entretien des piscines ?

Oui. L’aménagement et l’entretien paysagers, en incluant les pépinières, les centres de jardinage et les commerces de piscines, ont été ajoutés le 13 avril à la liste des services et activités prioritaires. Bon à savoir : il n’y a pas de preuve d’un risque de transmission de la COVID-19 par l’eau de baignade, selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Les concentrations de désinfectants utilisées pour traiter l’eau des piscines sont en mesure « d’inactiver » le coronavirus. Le risque de propagation est davantage lié à la proximité étroite avec une personne infectée et au contact avec des surfaces contaminées.

Est-ce suffisant de laver à l’eau froide les fraises, les framboises et les bleuets ?

Le risque de contamination est faible, mais c’est une bonne habitude à prendre de laver les fruits et les légumes à l’eau savonneuse avec un rinçage à l’eau claire. Selon Santé Canada, aucun cas de transmission du virus par les aliments n’a été enregistré à ce jour. Le coronavirus survit environ trois heures sur les objets inertes à surfaces sèches et environ six jours sur les objets inertes à surfaces humides, indique-t-on. Le plus important, c’est encore de se laver les mains après avoir manipulé des produits d’épicerie.

Nous avons une réservation dans une pourvoirie à Sacré-Cœur, en juin. Les déplacements seront-ils encore interdits à ces dates ?

Difficile à dire. La situation évolue de jour en jour – ou même, de point de presse du premier ministre François Legault en point de presse. Mais, comme vous le savez, les déplacements interrégionaux sont interdits par le gouvernement depuis le 28 mars pour empêcher la propagation du virus dans des zones moins touchées. Des points de contrôle ont été mis en place à bien des endroits.

Le travail reprendra dans certains secteurs, mais qu’en est-il des salons de coiffure ?

Le gouvernement a effectivement rallongé la liste des emplois prioritaires, réduite au minimum depuis le 15 mars, pour endiguer la pandémie. Mais le secteur de la coiffure n’en fait pas partie. Les salons de coiffure et d’esthétique doivent rester fermés jusqu’au 4 mai, à moins d’avis contraire. Il faut dire qu’il est difficile, voire impossible, de respecter les mesures de distanciation physique dans ces commerces.