L’Hôpital de Verdun fait face à une nouvelle éclosion de COVID-19, alors que le virus a réussi à pénétrer dans une zone « froide » de l’établissement de façon toujours inexpliquée.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Ariane Lacoursière Ariane Lacoursière
La Presse

Treize patients hospitalisés au troisième étage (secteur sud) de l’édifice ont eu un test positif au coronavirus dans les tout derniers jours. Tous avaient pourtant eu un test négatif au moment de leur admission.

L’éclosion a été identifiée parce que l’Hôpital de Verdun soumet maintenant l’ensemble de ses patients à des tests de COVID-19 de façon cyclique.

« C’est un virus qui est très sournois, on le constate depuis des semaines. C’est un ennemi invisible, qui se transmet très facilement », a déclaré Jean Nicolas Aubé, porte-parole de l’hôpital, en confirmant l’existence de l’éclosion.

Les 13 patients infectés ont été envoyés vers d’autres hôpitaux ou vers une zone « chaude » de l’établissement. On ne déplorait aucun décès parmi eux au moment d’écrire ces lignes.

La conjointe de Guy Dumais se trouve parmi les malades infectés. Hospitalisée depuis début avril pour une blessure à l'oeil, elle a testé positif à la COVID-19 en revenant d'un examen passé au CHUM.

«Là elle est rendue au cinquième étage, dans la section chaude», a-t-il témoigné en entrevue.

M. Dumais a tenté de comprendre comment le virus avait pu pénétrer dans une zone de l'hôpital sensée être isolée. Le médecin de sa conjointe Catherine n'a pas pu fournir d'explication. «Visiblement la zone froide à Verdun ne fonctionne pas et si c'est le cas il y a d'autres cas d'infection similaires en milieu hospitalier supposément sécuritaires», croit-il.

Sa conjointe ne souffre pas de symptômes majeurs de la COVID-19.

« Chaque cas qui est identifié, c’est une chaîne de transmission qui est brisée », a souligné M. Aubé. « Dans un hôpital, de pouvoir identifier ces cas-là, de les détecter, ça fait en sorte qu’ils ne pourront plus infecter d’autres personnes. »

Deuxième éclosion

L’hôpital avait combattu une première éclosion au tout début du mois d’avril, alors qu’au moins 40 personnes (dont cinq médecins) avaient contracté la maladie. Il s’agissait en fait de deux foyers simultanés, mais différents, chacun d’eux ayant commencé avec un médecin asymptomatique.

« Ça s’est très bien déroulé, le personnel a travaillé de façon exemplaire, et nous avons la certitude que ça se déroulera de la même manière pour cette deuxième éclosion », a indiqué Jean Nicolas Aubé.

L’Hôpital de Verdun fait actuellement construire une annexe dans un stationnement adjacent à son urgence, où 36 personnes pourront attendre le résultat de leur test d’infection au coronavirus avant de pénétrer dans l’hôpital. Elle devrait être prête à la fin du mois.

« L’infrastructure permettra d’éviter la contamination avec les autres usagers, visiteurs et employés de l’hôpital », indique le communiqué qui annonce cette construction. « Cette annexe fonctionnera comme une unité d’hospitalisation normale avec tout l’équipement médical et de protection nécessaire pour donner des soins de qualité dans un environnement sécuritaire. »