(Québec) Des policiers qui doivent s’isoler préventivement parce qu’ils ont été en contact avec des citoyens infectés à la COVID-19 ou parce qu’ils présentent des symptômes grippaux se retrouvent sans salaire dans certaines municipalités où ils travaillent.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

En entrevue avec La Presse, la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec dénonce vendredi cette pratique et exige une intervention immédiate du gouvernement Legault.

« Les policiers doivent parfois s’isoler préventivement plus de deux semaines et subissent des pertes salariales qui varient de 10 % à 60 %. D’autres n’ont plus de salaire. Parfois, les assureurs décident aussi de ne pas les indemniser lorsque ces derniers ont [un test négatif à la COVID-19] ou s’ils n’ont pas été en mesure d’être testés, puisqu’ils n’ont pas un diagnostic officiel d’une maladie », explique le président de la Fédération, François Lemay.

Le cabinet de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a rapidement réagi, vendredi, invitant « les municipalités concernées à reconsidérer leur position. »

« Nos policiers sont eux aussi au front et vulnérables et nous devons valoriser leur contribution extrêmement importante », a communiqué le cabinet à La Presse.

À l’heure actuelle, la Fédération a répertorié cette pratique dans les villes de Saint-Jean-sur-Richelieu, Gatineau, Mercier, Mirabel, Richelieu–Saint-Laurent, Saint-Eustache, Thérèse de Blainville et Thetford Mines. Elle souhaite que ces municipalités revoient leurs pratiques et paient le salaire des policiers lorsqu’elles leur demandent de se retirer du travail de façon préventive.

« On donne le service, on est sur la ligne de front total, mais certains sont pénalisés et doivent rester chez eux. […] Cette pratique est un manque de respect flagrant envers nos membres et lance un message extrêmement négatif aux policiers […] Les policiers ne demandent qu’à être respectés lorsqu’ils développent des symptômes reliés ou sont à risque d’avoir été infectés par la COVID-19. En temps de pandémie, c’est le strict minimum », a dit M. Lemay.

Rectificatif :
Dans une version antérieure de cet article, nous avions inclus Bromont dans la liste des villes, comme le répertoriait la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec. Or, la Fédération a modifié sa liste après la publication de l’article. Nos excuses.