Plexiglas à l’entrée, limite de trois clients dans la salle d’attente, nettoyage minutieux des clés de voitures… La réouverture des garages mercredi matin allait comme sur des roulettes, même si l’application des mesures d’hygiène et de distanciation ralentissent le service.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Mercredi, les garagistes québécois ont repris du service au petit matin. L’annonce de François Legault les a pris par surprise. Les ateliers et garages qui font de la réparation et de l’entretien pour les véhicules routiers pourront reprendre du service, avait indiqué lundi le premier ministre.

« On l’a appris au point de presse, mais on était prêt », lâche le vénérable Jean Duscheneau. Le propriétaire depuis 40 ans du centre de l’auto Beaumont redouble de créativité pour s’assurer de la santé des clients et employés dans son commerce de ville Mont-Royal. Inspiré par les voitures de police, il a fait installer une cloison faite maison à l’intérieur du véhicule dédié à l’accompagnement des clients. Elle sépare conducteur et passager pour éviter tous contacts.

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La minute où le mot « garage » a été prononcé en point de presse lundi, M.  Duscheneau et son équipe ont reçu des courriels, textos, appels et messages privés sur Facebook de clients impatients de se débarrasser de leurs pneus d’hiver.

Le temps d’attente pour un changement de pneu ou d’huile ? Deux semaines, environ. « J’ai parlé à d’autres garagistes, c’est partout pareil. »

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Ces automobilistes enclins à un changement de pneu en vitesse devront prendre leur mal en patience. Dans tous les établissements de réparation, il faut respecter les consignes de la Santé publique ralentissent le service.

Se tenir à deux mètres de distance parmi les employés et désinfecter le bolide de chaque client prend du temps. « On fonctionne à plein personnel, mais pas à pleine capacité », affirme M.  Duscheneau. D’autres gestes ralentissent considérablement le service. Il faut scrupuleusement nettoyer les poignées de porte, volants, trousseaux de clés… Bref, toutes les surfaces susceptibles d’être contaminées par un automobiliste ou un mécanicien. « On doit gérer l’impatience des clients, aussi. Mais ils comprennent. »

« C’est important la pose de pneus, mais pas autant que la santé et la sécurité », conclut M.  Duscheneau. Son conseil ? Appeler pour fixer un rendez-vous avant de se présenter au garage. « Les pannes et crevaisons, on les traite en urgence », rassure-t-il.

Pas de ruée dans les pépinières

Calme plat du côté des pépinières et jardineries, qui reprenaient également leurs activités de vente.

La pépinière Jasmin à Laval accueillait uniquement les paysagistes mercredi en matinée. « On se préparait plus pour début mai, on attend beaucoup plus de monde à ce moment-là », explique la copropriétaire Sophie Jasmin.

La plupart des fournisseurs du Québec et d’une partie de l’Ontario « sont encore pris dans la neige », poursuit-elle. « Ça va être une réouverture piano-piano pour nous… On va demander aux gens d’être patients et de respecter la distanciation. » Instaurer les consignes de la Santé publique demande temps et organisation. Il faut aménager des zones d’attente, des stations de lavage de mains, instaurer des procédures de nettoyage des chariots et établir des endroits de circulation à sens unique pour tous les visiteurs. Certains employés craignent de se retrouver contaminés par la COVID-19 en utilisant les transports en commun et il faut gérer ça, ajoute Mme Jasmin.

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À la pépinière Pierrefonds, on préparait les étalages sans connaître de cohue parmi la clientèle.

Pas de ruée sur les divers produits horticoles à la Pépinière Pierrefonds non plus.

« À l’annonce de la reprise de la construction résidentielle, on se doutait qu’on allait devoir reprendre, on vend aussi des produits en ciment, du pavé, etc. », note Rocco Isgro, employé de l’établissement. Pour les fleurs et les plantes, il faudra attendre début mai pour voir un achalandage en succursale. L’autonomie alimentaire est sur toutes les lèvres. Les potagers deviendront de plus en plus populaires, prédit M. Isgro. « Les gens vont rester chez eux. Ils ne voyageront pas et n’iront pas au chalet. Ils vont assurément passer beaucoup de temps dans le jardin. »