Deux préposées aux bénéficiaires du même CHSLD ont dû être intubées après avoir été vraisemblablement infectées par le coronavirus sur leur lieu de travail, affirme leur syndicat.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Les deux femmes, l’une dans la quarantaine et l’autre dans la cinquantaine, travaillent au CHSLD Laflèche de Shawinigan. Il s’agit de l’une des résidences les plus durement touchées par la COVID-19 dans la province, avec au moins 85 patients infectés et 27 morts.

La première travailleuse était aux soins intensifs la semaine dernière. Elle a dû être plongée dans un coma artificiel pour être placée sous respirateur, avant d’être désintubée juste avant le congé de Pâques, selon Pascal Bastarache, président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et des métiers (CSN). Elle est toujours hospitalisée dans un état sérieux.

La seconde a été intubée au cours des derniers jours et dépend toujours d’un respirateur, a dit M. Bastarache mardi en fin d’après-midi.

« Il y a énormément de tristesse, de peur. Le tout est parsemé de colère, surtout avec le manque de prévention qu’il y a eu à la résidence au début : il y avait un manque d’équipement, il y a eu du déplacement de personnel », a dit M. Bastarache.

« Préoccupation extrêmement grande »

Il reproche aux gestionnaires du réseau de la santé d’avoir tardé à tenir compte du fait que même un malade asymptomatique pouvait être contagieux.

En conférence de presse, mardi après-midi, le grand patron du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS-MCQ), Carol Fillion, a fait le point sur la situation de la pandémie dans sa région.

Il a affirmé que la situation au CHSLD Laflèche demeurait « une préoccupation extrêmement grande », alors que le bilan s’y alourdit de jour en jour. « C’est un défi colossal auquel on est confrontés. »

M. Fillion a affirmé que son organisation acceptait toute l’aide qu’elle pouvait recevoir, notamment de personnel du réseau de la santé qui acceptait d’être relocalisé à Laflèche ou dans une autre installation où le virus cause une pénurie de main-d’œuvre. « On a réussi à ajouter 43 personnes à l’équipe qui donne des services au CHSLD Laflèche », a-t-il dit.