(Toronto) L’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé sa toute première intervention au Canada en aidant à mettre en place un centre de convalescence pour les personnes SDF atteintes de la COVID-19, a-t-on appris mercredi auprès d’un responsable.

Agence France-Presse

La structure comptera 400 lits et ouvrira prochainement à Toronto, a indiqué à l’AFP Joseph Belliveau, le directeur général de MSF Canada.  

Elle sera destinée aux personnes sans domicile fixe atteintes du coronavirus, mais qui ne sont pas gravement malades, afin qu’elles aient un endroit pour récupérer et se soigner.

Les sans-abri font partie des populations vulnérables à la COVID-19, car beaucoup ont des « problèmes de santé sous-jacents » et il leur est difficile de maintenir une distance sociale dans les structures d’hébergement, selon M. Belliveau.

Trente sans-abri ont été testés positifs à Toronto, métropole de six millions d’habitants où l’on estime qu’il y a entre 8000 et 10 000 SDF. Alors que le nombre de cas a augmenté ces derniers jours, il est urgent que le centre soit « très vite » opérationnel, a estimé M. Belliveau.

Pour ce projet, MSF collabore avec Inner City Health Associates (ICHA), un organisme spécialisé dans les soins aux sans-abri. MSF joue un rôle de conseil et aide à concevoir le centre qui sera dirigé par ICHA.  

« C’est très atypique pour MSF », a expliqué le responsable. « Normalement, nous enfilons les gants, ce sont nos médecins qui sont sur le front. Là,  on est en soutien, on partage nos connaissances et notre expertise sur la façon de répondre à une épidémie ».

Cette mission se situe très loin des théâtres habituels d’intervention de l’organisation, « comme le nord-est de la Syrie, le Yémen et le Bangladesh ».  

Les équipes de MSF répondent « aux personnes qui ont le plus besoin de soins médicaux », ce qui ne les mène « presque jamais dans des endroits où le système de santé est développé et le niveau de vie élevé ».

L’ampleur de la pandémie au Canada, qui recensait plus de 28 000 cas et 1070 morts mercredi soir, a conduit l’organisation à « rompre avec la tradition », a estimé M. Belliveau.  

En outre, MSF envisage d’apporter son aide à d’autres groupes vulnérables à travers le Canada, y compris les communautés autochtones et les personnes âgées.