(Ottawa) La crise sanitaire provoquée par la pandémie de COVID-19 frappe indistinctement les centres urbains et les régions rurales au pays. Mais la crise économique causée par les mesures sévères de confinement pourrait avoir des conséquences plus sévères dans les petites municipalités que dans les grandes villes, estime la ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

Déjà en réflexion avec nombre de ses collègues du cabinet pour mettre en œuvre des mesures de relance dès que la crise sanitaire sera terminée, Mme Joly a confié le mandat à Développement économique Canada pour les régions du Québec de dresser la liste des entreprises dans les différentes régions du Québec qui pourraient tirer rapidement leur épingle du jeu et servir de levier dans une stratégie visant à redémarrer l’activité économique.

Le même exercice devrait être fait par les autres agences de développement économique régional dont elle est responsable, notamment dans les provinces atlantiques et dans le nord de l’Ontario.

En entrevue avec La Presse, Mme Joly a dit craindre que la relance de l’économie s’avère plus longue et sinueuse pour les régions qui dépendent d’une industrie ou qui comptent un nombre important de travailleurs saisonniers dans des secteurs comme le tourisme ou les pêches. La relance devrait être plus rapide dans les grandes villes, telles que Montréal et Québec, où l’économie est bien diversifiée.

« La crise sanitaire frappe partout au Québec. Mais la crise économique frappe très fort dans les régions. Il y a des obstacles pour obtenir des liquidités, par exemple. »

Dans certaines régions, il n’y a pas d’institutions financières présentes. On travaille déjà sur ces enjeux parce qu’on veut s’assurer qu’il n’y ait pas un plus grand clivage entre les centres urbains et les régions rurales.

Mélanie Joly, ministre du Développement économique et des Langues officielles

Effet domino

Dans maintes régions, le tourisme a littéralement explosé au cours des cinq dernières années, fait valoir la ministre, ce qui a donné du tonus à une économie régionale qui dépendait d’une industrie cyclique, comme la foresterie ou les mines. Mais la présente crise a eu pour effet de perturber au plus haut point l’industrie touristique en région. Cet effet domino pourrait durer des mois.

« On doit être présent pour les aider. On est en train de déterminer les entreprises stratégiques par région qui seront cruciales pour la relance. Il y a des entreprises qui sont essentielles pour faire vivre le restaurant du coin, la station de service, l’épicerie ou les petits commerces locaux. Il faut protéger “Main Street”, monsieur et madame Tout-le-Monde, durant cette crise », a dit Mme Joly.

Au cours des deux dernières semaines, la ministre Joly a organisé des rencontres virtuelles avec les membres de nombreuses chambres de commerce du pays afin de prendre le pouls économique des régions.

« Il y a beaucoup d’anxiété économique en ce moment. C’est présent partout, à un niveau qu’on a rarement vu. Mais le fait qu’on ait mis sur pied la Prestation canadienne d’urgence aide beaucoup les gens à se calmer. Les mesures de confinement imposées vont faire en sorte qu’on va réduire la durée de la pandémie, et il faudra nécessairement parler de la relance économique », a-t-elle ajouté.