(Ottawa) Alors que le plan de subvention salariale de 73 milliards a été adopté en Chambre, samedi, les partis essaient de trouver une façon de poursuivre les travaux parlementaires, sachant que le Canada n’est pas au bout de ses peines.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

Une entente était intervenue entre le gouvernement Trudeau et les partis de l’opposition au sujet du projet de loi C-14 – un deuxième projet de loi visant à adopter des mesures pour juguler la crise de la COVID-19 – avant la séance d’urgence à la Chambre des communes.

La motion d’adoption a ainsi été votée, à la majorité des voix. Le plan de subvention couvre 75 % des salaires jusqu’à concurrence de 847 $ par employé, par semaine.

Avant la mise aux voix, Justin Trudeau a établi un parallèle entre les guerres mondiales et la crise de la COVID-19. « Ces épreuves ont façonné notre pays et, encore davantage, nos citoyens. Et voici qu’une fois de plus, nous sommes mis à l’épreuve. Mais, monsieur le président, ceci n’est pas une guerre », a-t-il déclaré en Chambre.

« La bataille n’en est pas moins destructrice, moins dangereuse. Mais il n’y a pas de ligne de front délimitée par des barbelés. Aucun soldat à déployer de l’autre côté de l’océan. Aucun combattant ennemi à battre. Mais à la place, la ligne de front est partout », a dit le premier ministre.

L’aide aux entreprises devrait être versée d’ici « deux à cinq semaines », mais on veut qu’elle arrive le plus rapidement possible, a indiqué le ministre des Finances, Bill Morneau, lors du comité plénier qui a suivi les déclarations des chefs de toutes les formations.

Les leaders de l’opposition ont exprimé leur appui au plan, chacun avec un bémol.

Le chef conservateur Andrew Scheer a notamment reproché aux libéraux leur lenteur à réagir à la menace de la COVID-19, et a déclaré qu’on ne pouvait « attendre la fin de la pandémie pour demander des comptes au gouvernement ».

PHOTO JUSTIN TANG, LA PRESSE CANADIENNE

Andrew Scheer

Parlement virtuel ?

Selon l’entente intervenue entre les partis, les travaux du Parlement seront suspendus au moins jusqu’au 20 avril prochain. Mais déjà, on pense aux prochaines étapes, et le Parti conservateur s’oppose toujours aux séances virtuelles préconisées par les libéraux.

En même temps qu’il se réjouit que son parti ait travaillé à améliorer le projet de loi C-14, Andrew Scheer continue à penser que les députés devraient siéger à Ottawa, en respectant les normes de distanciation sociale, et non dans un parlement virtuel.

Au gouvernement, on continue de se montrer réfractaire à cette idée : un rappel signifierait le retour d’un grand nombre de personnes qui seraient exposées au virus, des pages aux élus en passant par les employés administratifs.

« Il faut tenir compte du fait qu’il y a des gens qui doivent nettoyer les lieux. Il y a les agents de sécurité. Il y a les gens qui travaillent au niveau du service technique, ceux qui travaillent au niveau de l’interprétation, les conseillers politiques. Donc ça fait aussi beaucoup de monde », a expliqué Pablo Rodriguez, leader du gouvernement à la Chambre des communes.

Le Nouveau Parti démocratique et le Bloc québécois sont favorables à l’idée d’un parlement virtuel.