(Montréal) Des travailleurs dans des entreprises privées qui font le nettoyage et la désinfection en sous-traitance dans les établissements de santé demandent à leur tour une « prime de risque » de 2 $ l’heure, dans le cadre de la crise du coronavirus.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

Ils font un travail similaire à celui des employés de l’entretien ménager directement embauchés par les établissements de santé publics, mais leur rémunération est moindre, a souligné en entrevue jeudi Raymond Larcher, président de l’Union des employés de service (UES-800), affiliée à la FTQ.

Et ils ne touchent pas non plus la prime de 4 % qui a été annoncée, au cours des derniers jours, pour les employés de l’entretien ménager du secteur public.

L’Union des employés de service représente 10 000 préposés à l’entretien ménager dans l’ensemble du Québec. Ces employés du privé gagnent environ 18 $ l’heure, précise M. Larcher.

Il demande une prime de risque de 2 $ l’heure pour ses membres qui travaillent dans les situations « à risque » dans les hôpitaux, les Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).

Ces travailleurs nettoient les sièges de toilettes, interrupteurs, poignées, rampes, éviers, portes, comptoirs. « On rentre dans des endroits où on doit tout nettoyer, désinfecter. C’est déjà difficile d’avoir du monde qui vont travailler dans les milieux à risques… » fait valoir M. Larcher.

Le dirigeant syndical rapporte que lorsqu’ils les ont sollicités en ce sens, les employeurs leur ont répondu qu’ils ne pouvaient pas leur accorder cette prime, parce qu’ils doivent soumissionner pour décrocher un contrat dans un établissement de santé et que cette soumission a été calculée en fonction du salaire actuel.

« Il leur faudrait refiler la facture aux clients. Eux, ils soumissionnent au pied carré. S’ils rajoutent une prime… » a expliqué M. Larcher.

Qui plus est, ces salariés de l’entretien ménager du privé, s’ils travaillent au moins 30 heures par semaine, ne peuvent pas non plus toucher le montant de 100 $ par semaine que Québec a annoncé pour ceux qui ont un salaire si peu élevé qu’ils toucheraient davantage avec la prestation d’urgence fédérale de 2000 $ qu’en continuant à travailler.

Ces travailleurs de l’entretien ménager du secteur privé sont régis par un décret de convention collective. Un tel décret est négocié par une partie patronale et une organisation qui représente des travailleurs, avant d’être étendu à tous les salariés d’une industrie, qu’ils soient syndiqués ou non-syndiqués. Le décret est ensuite géré par un comité paritaire.