Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a effectué environ 4000 interventions, surtout auprès de citoyens dans les parcs et autres lieux publics de la métropole, depuis qu’il a haussé d’un cran en fin de semaine dernière son application des mesures de distanciation sociale visant à réduire les risques de propagation à la COVID-19.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

En conférence de presse mercredi après-midi, la directrice adjointe du SPVM, Sophie Roy, a déclaré que les constats et rapports d’infraction généraux donnés à des citoyens délinquants pouvaient représenter environ 10 % des 4000 interventions, ce qui donnerait environ 400 avis d’infraction. En entrevue avec La Presse après sa conférence de presse, Mme Roy a indiqué que les constats d’infraction et les rapports d’infraction généraux représenteraient chacun environ la moitié de ce chiffre, ce qui voudrait dire que les policiers du SPVM auraient donné environ 200 constats d’infraction depuis la fin de semaine dernière.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

La directrice adjointe du Service de police de la Ville de Montréal, Sophie Roy.

Lundi, le SPVM avait annoncé avoir donné 67 constats au cours de la fin de semaine. Si le chiffre des 200 constats annoncé aujourd’hui est représentatif de la réalité, la distribution se serait donc poursuivie au même rythme depuis le début de la semaine. Rappelons que l’amende pour cette infraction à la Loi sur la santé publique est de 1000 $, plus des frais de 546 $.

Quant aux rapports d’infraction généraux, il ne s’agit pas de constats d’infraction donnés sur-le-champ avec l’aide d’un terminal servant à rédiger des constats abrégés. Après une intervention, un rapport d’infraction général est rédigé et il est ensuite soumis à un procureur qui décidera s’il y a infraction ou non. Si oui, c’est un juge qui imposera l’amende.

Le SPVM, comme la Sûreté du Québec d’ailleurs, a décidé d’annoncer publiquement le nombre de constats et de rapports généraux d’infraction une fois par semaine seulement, le lundi.

Encore plus de policiers

Dans la très grande majorité des cas, les Montréalais ont démontré leur collaboration, a indiqué Mme  Roy, lors de sa conférence de presse mercredi à l’hôtel de ville de Montréal, aux côtés de la mairesse Valérie Plante.  

À la demande de cette dernière, le SPVM va déployer plus d’agents au cours des prochains jours dans les endroits publics les plus achalandés, dont le Vieux-Montréal. Soixante-cinq policiers à vélo se promèneront pour rappeler les consignes en ces temps de crise sanitaire.  

Le SPVM a déjà mis en place une équipe mixte spécialisée de 30 policiers (agents, superviseurs et lieutenants-détectives) qui s’ajoute au travail des patrouilleurs. Les directives des autorités sanitaires ont également forcé le SPVM à affecter 125 policiers pour assurer la sécurité dans les grands parcs montréalais.

En entrevue avec Sophie Roy, La Presse lui a dit recevoir des dizaines de courriels par jour de lecteurs et lectrices qui se perdent en conjectures et qui se demandent s’ils respectent ou non la loi, avec des exemples tous aussi valables les uns que les autres.

Mme Roy a admis que l’application de la Loi sur la santé publique pouvait parfois comporter des zones grises, par exemple la présence de deux personnes dans la même voiture, même si elles n’habitent pas à la même adresse. La directrice adjointe a souligné qu’une exception a été soulevée par les autorités gouvernementales pour le transport, mais a ajouté que les avocats du SPVM allaient demander des clarifications.

« Mais si les citoyens se posent des questions s’ils ont le droit de faire telle chose ou non, ils devraient s’abstenir. Nos policiers sont des humains. Ils y vont selon leur bon jugement dans l’application de la loi », a dit l’officier.

« Le mot d’ordre est le même, peu importe la nature de la clientèle ou son appartenance religieuse. C’est la même application qui se fait ».

« Nous avons besoin des citoyens pour faire respecter les mesures. J’aimerais également remercier notre personnel qui a dû s’ajuster rapidement pour faire face à la pandémie », a conclu Sophie Roy.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-8000, poste 4918, ou écrivez à drenaud@lapresse.ca.