Des données de déplacements de la population de 131 pays publiées vendredi par Google montrent que le Québec est l’État nord-américain « où on respecte le plus la consigne de rester à la maison », a souligné le premier ministre François Legault lors de son point de presse de dimanche. 

Tristan Péloquin  Tristan Péloquin 
La Presse

Les données auxquelles M. Legault faisait référence proviennent de milliards de points de déplacement récoltés de façon anonyme sur les téléphones cellulaires d’usagers qui ont activé la fonction « historique des déplacements » de leur compte Google. La multinationale les a regroupés dans différentes catégories, qui donnent une bonne idée de l’effet du confinement. 

« Les responsables de santé publique nous ont indiqué que ce type de données agrégées et anonymisées pourraient les aider à prendre des décisions cruciales pour combattre la COVID-19 », a affirmé la vice-présidente de Google aux produits de géolocalisation, Jen Fitzpatrick, sur le blogue de la multinationale. 

Google ne fournit ni les données brutes de son analyse, ni la méthodologie spécifique de ses calculs, ni le nombre de cellulaires d’où proviennent les points de géolocalisation. Le spécialiste en cybermétrie Stéphane Hamel croit néanmoins que le niveau de précision est assez élevé, compte tenu du très grand nombre d’utilisateurs de Google. « Si le gouvernement du Québec voulait vraiment quelque chose de plus précis, il faudrait qu’il demande aux fournisseurs de téléphonie mobile [comme Bell, Telus, Rogers et Vidéotron] de lui fournir des données semblables », dit-il. 

Une compilation des données de Google faite par La Presse suggère que les Québécois respectent effectivement le confinement beaucoup plus que dans d’autres provinces, États ou régions. « Je veux dire bravo et merci. Je suis convaincu que ça va sauver des centaines de vie », a commenté M. Legault lors de son point de presse. 

Les données indiquent cependant que le confinement demeure beaucoup moins strict au Québec que dans plusieurs pays. 

Commerces de détail et de divertissement 

Comparée à celle des 9 autres provinces canadiennes et à celle de 50 États américains, la population québécoise est celle qui a le plus réduit sa fréquentation des restaurants, cafés, centres commerciaux, théâtres, librairies et cinémas. La réduction des déplacements des Québécois est aussi nettement supérieure à celle de l’ensemble des États-Unis, mais reste beaucoup moins élevés qu’en Italie, en France et, sur le plan régional, que dans l’île de Manhattan, épicentre américain de la pandémie. 

Épiceries et pharmacies

Les Québécois continuent de se déplacer en grand nombre dans les commerces essentiels comme les épiceries et les pharmacies. Mais pour l’ensemble du Canada, la réduction est de 35 %, alors que celle du Québec est de 44 %. Dans certains États américains comme l’Arkansas, les consommateurs n’ont pratiquement pas changé leurs habitudes. Taiwan, qui a rapidement mis en place des mécanismes de contrôle de la température corporelle et qui suit les déplacements des personnes infectées sur leur téléphone mobile, n’a pas restreint l’accès aux commerces. 

Parcs

Dans certaines régions, les mesures de confinement à la maison ont poussé les gens à prendre de l’air dans les grands parcs. Le Nouveau-Brunswick a fermé ses parcs nationaux mardi dernier, mais les parcs municipaux restent ouverts. Les données de Google, récoltées avant la fermeture des parcs nationaux, montrent une fréquentation en dents de scie. 

SOURCE : GOOGLE

Lieux de travail

Si les Québécois sont parmi les Nord-Américains qui ont le plus diminué leur fréquentation des commerces de détail, ils continuent néanmoins de fréquenter leurs lieux de travail. La diminution de fréquentation du Québec est inférieure à celle de l’Ontario et de la Colombie-Britannique, et comparable à celle de l’ensemble des États-Unis.

SOURCE : GOOGLE

Transports publics

Les métros, les autobus et les gares ont connu une diminution de fréquentation marquée partout dans le monde. Les données de Google pour le Québec sont cohérentes avec celles de la Société de transport de Montréal (STM), qui a rapporté le 26 mars une baisse de 75 % de la fréquentation de ses autobus et de 80 % de son service de métro. La baisse d’achalandage a atteint jusqu’à 85 % pour certains départs des trains de banlieue d’exo. 

*Les données proviennent de points de géolocalisation récoltés par Google dans les 24 à 72 heures ayant précédé le 28 mars. Elles sont comparées à une base de référence médiane mesurée entre le 2 janvier et le 6 février 2020. Elles tiennent compte du nombre de déplacements et du temps passé à chaque endroit, selon Google.