(Ottawa) Des millions de masques arriveront au Canada sous peu. Et dans les prochains jours, Justin Trudeau appellera Donald Trump pour tenter de le convaincre de revenir sur sa décision de bloquer l’exportation de masques vers le Canada.

Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

« Dans les 48 prochaines heures, un avion-cargo nolisé arrivera avec à son bord des millions de masques », a signalé le premier ministre lors de sa conférence de presse quotidienne à Ottawa, samedi.

« Et à l’avenir, nous noliserons des vols de Cargo Jet et d’Air Canada, notamment, pour ramener du matériel ici », a-t-il poursuivi.

Justin Trudeau n’a pas annoncé de nouveau développement dans le contentieux avec les États-Unis, qui ont bloqué la distribution de masques vers le Canada. Il a cependant dit qu’il comptait parler « dans les prochains jours » au président américain.

L’administration Trump a invoqué une disposition de temps de guerre pour contraindre la société 3M à cesser ses exportations des masques N95 vers d’autres pays, dont le Canada, ce qui a évidemment causé un choc en raison des craintes de pénurie de matériel médical.

La Defense Production Act (DPA) est une loi qui remonte à la Guerre de Corée qui permet à Washington d’imposer certaines choses aux manufacturiers, par exemple le type de produits qu’ils produisent en priorité.

En conférence de presse à la Maison-Blanche, vendredi, le président Trump a reconnu que la pilule a été dure à avaler pour les pays affectés, et n’a affiché aucune intention de changer son fusil d’épaule.

« Je ne les blâme pas. Ils peuvent riposter s’ils le veulent », a-t-il déclaré en parlant des nations affectées. « Nous sommes contrariés par 3M. Nous sommes contrariés », a ajouté le dirigeant des États-Unis, qui est devenu le principal foyer de la pandémie à l’échelle mondiale.

Si le président Trump ne fait pas marche arrière, quel impact cela pourrait-il avoir sur l’approvisionnement au Canada ? Le premier ministre Trudeau n’a pas voulu répondre à cette question, pas plus qu’il n’a signalé son intention d’adopter des mesures de représailles.

Il a toutefois dit qu’à « moyen terme », on pourrait se tourner vers les industries canadiennes qui se sont mobilisées pour se mettre à la production de matériel médical, et qu’à « court terme », des livraisons en provenance d’autres pays seront là pour fournir le nécessaire au réseau de la santé.

« Nous allons continuer de travailler avec l’administration américaine pour souligner que c’est dans l’intérêt de nos deux pays de continuer à avoir des produits et des services essentiels des deux côtés de la frontière », a-t-il déclaré.

« Il y a une compétition globale assez féroce », a souligné Justin Trudeau au lutrin installé devant sa résidence de Rideau Cottage. Au même endroit, la veille, il avait qualifié d’« erreur » la décision de Washington.

En date du 4 avril, il y a plus de 300 000 cas de la COVID-19 aux États-Unis. À l’échelle mondiale, on recense près de 1,2  million de cas et près de 65 000 morts, selon les données du Center for Systems Science and Engineering (CSSE) de l’Université Johns Hopkins University.