Les contraintes imposées aux cégeps nuisent à l’évaluation des étudiants et menacent l’équité envers ceux-ci, a fait savoir la Fédération des cégeps au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Ariane Krol
Ariane Krol La Presse

La capacité des cégeps « à poursuivre la formation par des modes alternatifs, à évaluer les étudiants avec souplesse, mais également avec équité, et à fournir une sanction à la suite de la présente session d’études, est extrêmement réduite », écrit la Fédération dans une lettre envoyée au ministre à la fin de la semaine.

La reprise de l’enseignement à distance le 30 mars dernier « suscite énormément d’appréhension de la part de nos étudiants et de notre personnel », souligne la lettre consultée par La Presse.

La directive récente de Québec, qui empêche les étudiants de récupérer leur matériel, y compris des ordinateurs, dans les établissements, est particulièrement problématique. « En retirant ainsi aux étudiants la possibilité de récupérer le matériel essentiel à la poursuite de leurs études, nous sommes assurés de créer de l’iniquité au sein de la population étudiante des cégeps, à la grandeur du territoire. »

Les 100 points de service du réseau sur l’ensemble du territoire voient composer avec « des accès Internet très limités dans certaines régions » et « des équipements informatiques qui ne sont pas à la hauteur », rappelle leur fédération.

La sanction des études relevant des établissements, ceux-ci jugent de leur devoir de prévenir le ministre « lorsque les circonstances rendront impossible la garantie d’une équité et d’une évaluation adéquate » des compétences. « Dans l’état actuel des choses, cette éventualité nous semble proche », prévient la Fédération.

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) réclame pour sa part « de vraies réponses » aux questions des étudiants. « Le ministre Roberge devra s’adresser à la population étudiante, la rassurer quant aux moyens existants pour les accompagner, sauver la session et assurer sa santé », a commenté le président de la FECQ, Philippe Clément, par courriel samedi après-midi.