(Ottawa) Six demandeurs d’asile, dont quatre irréguliers, ont été renvoyés aux États-Unis depuis que la frontière canado-américaine a été fermée aux déplacements non essentiels.

Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

Entre le 21 mars et le 2 avril dernier, six demandeurs d’asile ont été refoulés aux États-Unis ; quatre d’entre eux étaient des demandeurs d’asile irréguliers, selon des données fournies samedi soir à La Presse par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).

Parmi les quatre migrants irréguliers, qui ont tenté d’entrer en territoire canadien entre des points d’entrée officiels, deux l’ont fait au Québec et deux ont tenté le coup en Colombie-Britannique. Ils ont été interceptés et renvoyés au sud de la frontière.

En vertu de l’entente intervenue entre le Canada et les États-Unis, il est interdit de franchir la frontière pour tous les déplacements qui sont jugés non essentiels. Cela s’applique aussi aux migrants qui tentent d’entrer en sol canadien de façon irrégulière.

L’ASFC précise qu’un demandeur d’asile « a été autorisé à procéder » en vertu des dérogations aux règles énoncées dans le Décret visant la réduction du risque d’exposition à la COVID-19 au Canada. Des exceptions sont notamment prévues pour les mineurs non accompagnés.

Deux autres demandeurs d’asile qui ne sont pas qualifiés d’« irréguliers » car ils se sont présentés directement à un point d’entrée officiel dans le sud de l’Ontario ont été renvoyés aux États-Unis, selon l’Agence.

Le Canada a fermé sa frontière avec les États-Unis le 21 mars dernier pour une période d’au moins 30 jours. Le commerce ne s’en trouve pas entravé, mais les déplacements entre les deux pays ont cependant brusquement fléchi.

La décision d’Ottawa de fermer les portes aux demandeurs d’asile irréguliers a été vivement critiquée par des organisations humanitaires, surtout depuis que l’on a appris que les agents américains avaient l’intention de renvoyer les contrevenants dans leur pays d’origine.

Il y a quelques jours, la vice-première ministre Chrystia Freeland a dit que des « discussions urgentes » avaient été initiées avec les États-Unis à ce sujet, assurant qu’il était « très important pour le Canada de respecter ses engagements internationaux sur les réfugiés ».