(Christian Nitu, 26 ans, un présumé trafiquant d’héroïne qui a tenté d’obtenir sa liberté provisoire en invoquant, entre autres, les risques de contracter la COVID-19 en prison, a été débouté, cet après-midi au palais de justice de Montréal. )  

Daniel Renaud
Daniel Renaud La Presse

Le juge Pierre Labelle de la Cour du Québec a refusé de le libérer en déclarant, en gros, que l’argument de la crainte de contracter la COVID-19 en prison pouvait être valable pour les cas limites-les peines moins sévères-et qu’il fallait qu’il y ait une démonstration de cas connus et rapportés à l’établissement où est détenu Nitu-l’Établissement de détention de Montréal communément appelé Bordeaux-et que ce n’était pas le cas.

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Christian Nitu

Le juge Labelle a ajouté que l’accusé n’avait pas démontré qu’il y aurait des risques pour sa propre santé s’il restait en prison.

Christian Nitu s’était dit prêt à porter un bracelet GPS pour que les autorités puissent le suivre, mais le magistrat a dit que la personnalité de l’accusé faisait en sorte qu’il pourrait enlever son bracelet, et que les garanties pour le port d’un tel bracelet devaient être sérieuses.

Le juge a également reproché à Nitu d’avoir fui la justice le jour où la police a arrêté ses complices. Il a aussi souligné le fait que l’accusé a continué à trafiquer de la drogue malgré des perquisitions policières.

Les défunts Minotaures

Christian Nitu, 26 ans, est soupçonné d’avoir été le bras-droit du chef présumé d’un réseau de trafic d’héroïne qui opérait dans l’est de Montréal et qui a été démantelé en septembre 2019 par les enquêteurs de la Division du crime organisé (DCO) du SPVM à l’issue d’une enquête baptisée Astérios.  

C’est à la suite de la découverte des corps de deux frères morts d’une surdose de fentanyl sous le pont Jacques-Cartier à Montréal durant l’été 2017 que les enquêteurs de la DCO du SPVM ont amorcé l’enquête.  

Rapidement, ils ont ciblé un réseau de trafiquants d’héroïne dirigé par des membres d’un club-école des Hells Angels aujourd’hui disparus, les Minotaures, et qui opérait avec une ligne téléphonique.  

Selon la preuve déposée durant l’enquête sur remise en liberté de Nitu, ce dernier aurait collecté l’argent de la vente, effectué les comptes, distribué les paies, y compris celle de son patron, ravitaillé les vendeurs et coordonné les approvisionnements d’héroïne à coups de 50 grammes.  

Quant à la COVID-19 à l’Établissement de détention de Montréal, le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, Mathieu Lavoie, a tenu à rectifier, par communiqué, certaines informations qui ont circulé dans des médias jeudi en déclarant qu’aucun cas positif au coronavirus n’a encore été répertorié à Bordeaux.

« En temps de crise comme celle que nous vivons en ce moment, les gens sont stressés et anxieux, encore plus ceux qui mettent leur santé en péril pour continuer à offrir les services essentiels à la population. Il faut être extrêmement prudent et s’assurer de ne pas propager de fausses informations, car cela pourrait engendrer de la panique et mettre la sécurité des agents, des détenus et de la population en danger, a déclaré M. Lavoie.

Pour joindre Daniel Renaud, composez-le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca