(Québec) Des pharmaciens du Québec, plus sollicités que jamais, sont à bout de souffle. Ils demandent au gouvernement Legault de les aider financièrement à traverser la crise et de faciliter le retour temporaire au travail des pharmaciens retraités dans le réseau des pharmacies communautaires.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Ouverts 7 jours sur 7, contrairement à d’autres services essentiels, la fatigue et le stress se font sentir sur le terrain, observe Benoit Morin, pharmacien à Montréal et président de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP). Certaines adresses voient leurs dépenses bondir (mesures de sécurité supplémentaires, primes sur le salaire des employés, mesures d’hygiène à prendre, etc.), avec des revenus comme ailleurs plus limités que jamais.

« Il y avait 20 % de pharmacies fragiles avant la crise, je pense que c’est plus que ça maintenant. Je ne peux pas me prononcer pour les autres, mais moi, je fonctionne à perte dans le moment », illustre M. Morin.

« Ma crainte, c’est qu’il y en a qui tombent au combat par manque de ressources financières ou par manque de personnel », affirme-t-il.

De l’aide des retraités

Dans certaines villes et régions du Québec, les pharmaciens sont également des points de référence pour les Québécois qui ont des questions sur leur état de santé. Avec des horaires de travail qui ne leur laissent parfois aucun jour de congé, des pharmaciens rêvent d’avoir du renfort de leurs collègues qui ont récemment pris leur retraite.

« [Un] arrêté ministériel prévoit la possibilité de donner des autorisations spéciales d’exercer uniquement aux pharmaciens qui offrent leurs services au réseau public. L’Ordre a formulé la demande que cet arrêté soit élargi aux pharmacies communautaires, mais notre demande n’a pas été entendue à ce jour. Nous déplorons cette situation puisque les pharmacies communautaires ont également des besoins importants actuellement », affirme à La Presse l’Ordre des pharmaciens du Québec.

« En attendant, nous avons décidé d’abolir les frais de réinscription ou de retard pour ceux qui décideraient de redevenir membres de l’Ordre ou de maintenir leur adhésion afin de donner un coup de main dans le contexte de la COVID-19 », ajoute Julie Villeneuve, directrice des communications pour l’Ordre.

Les Québécois ont un rôle à jouer

Le président de l’APPQ, Benoit Morin, rappelle aussi aux citoyens qu’ils ont un rôle à jouer afin de permettre aux pharmaciens de répondre aux besoins criants des Québécois qui les sollicitent.

« Il faut d’abord s’assurer de respecter les consignes d’hygiène et nous appeler quand c’est possible pour faire préparer [les prescriptions] à l’avance. Limitons nos achats à l’essentiel. On n’est plus dans le futile. […] comme [les produits] cosmétiques », rappelle-t-il.

À sa pharmacie, à Montréal, le nombre de livraisons a explosé ces derniers jours, un service efficace au moins pour servir les clients en limitant les contacts.