La pandémie de la COVID-19 pourrait faire entre 3000 et 15 000 morts en Ontario, selon de sombres projections rendues publiques vendredi par le gouvernement de la province.

Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

Si aucune mesure sanitaire musclée n’est prise pour endiguer la crise, le bilan des victimes pourrait même s’élever à 100 000 personnes dans cette province d’environ 15 millions d’habitants.

Il s’agit de certains des chiffres pour le moins préoccupants que les autorités de la santé publique de l’Ontario dévoilés vendredi. Le nombre de cas a d’ailleurs bondi de 16 % en l’espace d’un jour pour s’établir à 3255. Au moins 67 personnes sont décédées des suites de la maladie.

Le président de la Santé publique de l’Ontario, le DPeter Donnelly, a soutenu que davantage devrait être fait pour empêcher le nombre de morts de dépasser les prévisions même les plus conservatrices.

L’air sonné, le premier ministre Doug Ford a employé un ton sérieux lorsqu’il s’est adressé à ses concitoyens après la divulgation de ces données. « Dans l’état actuel des choses, il pourrait y avoir 80 000 cas et 1600 morts d’ici la fin du mois d’avril », a-t-il souligné.

Il a annoncé l’interruption de tous les projets d’infrastructure, à l’exception de ceux qui sont essentiels comme certaines routes ou les hôpitaux, à compter du samedi 4 avril. Aucun nouveau projet résidentiel ne pourra non plus aller de l’avant.

« Quand je vois les chiffres, quand je vois les vies qu’on a sauvées, je le referais sans aucune hésitation », a-t-il laissé tomber en énumérant certaines des mesures prises depuis deux semaines environ, dont la fermeture des écoles.

Et alors que le week-end s’annonce clément, il a exhorté ses concitoyens à rester à la maison pour faire leur part dans la lutte contre la COVID-19.

Les projections de l’Ontario doivent être suivies de celles du Québec, mardi prochain, et de celles du gouvernement fédéral, dans quelques jours. Le Nouveau-Brunswick a aussi annoncé son intention de mettre cartes sur table d’ici mardi prochain.