(Québec) Tandis que Montréal envisage de fermer des parcs, l’organisme Piétons Québec propose plutôt de faire davantage de place aux marcheurs dans des rues habituellement réservées à l’auto, afin de leur permettre de respecter les consignes de distanciation sociale.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

Selon l’organisme de défense des piétons, la plupart des trottoirs de la province sont trop étroits pour respecter les consignes de distanciation sociale. Le gouvernement demande aux marcheurs de ne pas se croiser à moins de deux mètres.

« Il n’y a pas assez d’endroits agréables ou sécuritaires pour marcher dans les quartiers, alors les gens se retrouvent au même endroit. Si on veut éviter des attroupements, peut-être qu’il faudrait réfléchir à donner d’autres espaces aux gens », avance la porte-parole de Piétons Québec, Jeanne Robin.

Depuis le début de cette pandémie, la marche reste l’une des dernières activités permises dans l’espace public. La circulation automobile, elle, a diminué.

Plusieurs villes à travers le monde commencent donc à transformer de manière provisoire des rues dédiées aux voitures pour faire plus de place aux piétons. Calgary a par exemple annoncé qu’elle fermera six rues aux voitures en fin de semaine, pour permettre aux piétons de marcher de manière sécuritaire.

Mme Robin pense que Montréal et d’autres villes du Québec devraient imiter la métropole albertaine. « La pandémie met la lumière sur des problèmes de conception de nos villes, le manque d’espaces publics, le manque d’espace sur nos trottoirs », dit-elle.

Piétons Québec propose surtout de créer sur de petites artères des rues partagées, où les piétons auraient la priorité, le droit de marcher dans la chaussée, et où les voitures ne pourraient rouler à plus de 20 km/h. Une telle mesure permettrait aux gens de marcher tout en respectant les consignes, croit Mme Robin.

« Le confinement doit normalement durer plusieurs semaines. Le fait de ne pas faire d’activité physique c’est malsain, surtout pour les personnes âgées, dit-elle. On veut limiter la création d’autres problèmes. »

Même chose à Québec

La Ville de Québec doit elle aussi envisager une telle avenue, selon le conseiller municipal du district du Cap-aux-Diamants, Jean Rousseau.

Ce membre de l’opposition a constaté que la rue Cartier était débordante la semaine dernière. Les piétons pouvaient difficilement respecter la consigne des deux mètres sur le trottoir.

« Les gens ont besoin de sortir. Si on ne veut pas que tout le monde se ramasse dans les parcs, il faut des espaces accessibles », croit M. Rousseau.

Il demande au maire Régis Labeaume de devancer certaines mesures. La rue Saint-Jean est en partie piétonne durant l’été. Elle pourrait le devenir plus tôt cette année, suggère-t-il.

« Le défi, c’est de créer de l’espace pour que la distance de deux mètres soit respectée », dit-il.

Dans son point de presse quotidien, le premier ministre a encore dénoncé ceux « qui ne respectent pas les consignes ». « Il y a des personnes qui font des rassemblements à moins de deux mètres », a déploré François Legault.