Dans les tréfonds du web, des prédateurs sexuels se réjouissent que des millions d’enfants canadiens soient confinés à la maison, souvent scotchés à un écran, constate l’équipe spécialisée en lutte à l’exploitation des enfants de la GRC. Le corps de police lance un appel à la vigilance des parents.

Gabrielle Duchaine Gabrielle Duchaine
La Presse

« Dans le cadre du travail qu’on fait sur le web, on est très au fait que les contrevenants se réjouissent de la situation. Nous, on voit les contrevenants discuter d’une manière très vocale du fait que maintenant, c’est le moment parfait pour pouvoir leurrer des enfants, pour pouvoir avoir des interactions, vu qu’il y a tellement d’enfants qui sont sur le web. »

Le surintendant Robert Lajoie est à la tête du Centre national contre l’exploitation des enfants de la GRC, fer de lance de la lutte à tout ce qui touche la pornographie juvénile et le leurre d’enfants au pays.

Depuis le début de la crise de la COVID-19, alors que la population est isolée à domicile, son équipe constate un phénomène inquiétant.

« Les enfants ne sont pas à l’école. On ne leur permet pas d’aller jouer dehors avec leurs amis. À un moment donné, il ne reste pas grand chose pour eux. Dans les maison, les gens finissent par s’isoler et ils s’isolent avec un système informatique, avec une tablette, un téléphone et ils sont sur le web. Et malheureusement, quand il y a peu de supervision, ça fait en sorte que ces enfants-là sont exposés au monde extérieur via le web. »

Il poursuit : « Ça permet aux contrevenants d’avoir accès à des enfants auxquels ils n’auraient normalement pas accès parce que les enfants seraient à l’école ou en train de faire une activité sportive ou autres. Mais comme rien de ça n’existe présentement, ça augmente le nombre d’enfants qui sont en ligne. »

En entrevue téléphonique avec La Presse, le surintendant Lajoie lance un appel aux parents. « C’est vraiment un message de prévention pour que les parents soient un peu plus aux aguets des enfants qui sont sur l’internet. C’est d’être au courant que les prédateurs sont maintenant plus à l’affût de ça », dit-il.

« Le risque est partout et le risque est omniprésent. Et malheureusement, on est tous habitués de se protéger du danger qui est à l’extérieur de la maison, mais on ne se protège pas quand on est à l’intérieur de la maison. Les contrevenants c’est des gens qui sont hyper créatifs. En ligne, la chose ultime c’est de créer un lien de confiance avec l’interlocuteur. Et la grosse majorité sont hyper habiles à crées ce lien de confiance. »

« Il y a plein d’enfants qui s’ennuient présentement. On est quand-même dans la troisième semaine [de confinement]. Ils ne savent plus quoi faire de leur temps. Ça les rend plus vulnérables. […] C’est important de ne pas semer un climat de panique. C’est juste d’être un peu plus vigilant. »