Dans le contexte de la pandémie de la COVID-19, ne pas respecter les consignes de distanciation sociale et de non-rassemblement dans les lieux publics comme les parcs, pourrait valoir une amende entre 1000 $ et 6000 $ aux contrevenants. Quant aux commerces non-essentiels qui ouvrent tout de même leurs portes, l’infraction pourrait leur coûter entre 3000 $ et 5000 $, rappellent les autorités sanitaires de Montréal.

Kathleen Lévesque
Kathleen Lévesque La Presse

Avec l’arrivée des beaux jours du printemps, la directrice de la Direction régionale de la santé publique (DRSP) de Montréal, Dre Mylène Drouin, a rappelé mercredi les règles qui sont imposées et pour lesquelles les policiers du SPVM sont appelés à intervenir depuis vendredi dernier. Jusqu’à maintenant, la police a servi des avertissements, mais il pourrait y avoir des constats d’infraction devant la résistance de certains individus, et même la fermeture complète des parcs.

« On ne peut pas dans une pandémie comme celle-là, avoir des exceptions qui ne respectent pas les mesures. Rapidement, avec les rapports du SPVM, on va devoir aller vers des mesures plus sévères », a prévenu Dre Drouin lors d’une conférence de presse pour faire le point sur la pandémie de COVID-19 à Montréal. « On demande à la police d’avoir une plus grande présence. Si la population collabore, on va être capable de maintenir cette liberté de mouvement à l’extérieur plus longtemps », a-t-elle souligné.

Lors de la réunion hebdomadaire du comité exécutif, mercredi matin, la mairesse Valérie Plante a lancé un avertissement aux Montréalais que les parcs pourraient être fermés si les citoyens qui les fréquentent ne gardent pas leurs distances (2 mètres) des autres promeneurs. Quelques heures plus tard, c’était au tour du premier ministre François Legault d’évoquer cette possibilité.

L’interdiction des rassemblements et les règles de distanciation sociale visent à freiner la propagation du coronavirus dans la population. C’est d’autant plus important que la contamination communautaire est bien installée à Montréal, a réitéré Dre Drouin.

Selon les données disponibles, la majorité des cas d’infection touche les gens de moins de 50 ans (59,1 %.). À eux seuls, les 20-39 ans représentent plus de 36 % de toutes les personnes contaminées sur l’île de Montréal. « Est-ce que c’est inquiétant ? Non, mais ce que cela veut dire, c’est que les jeunes doivent respecter les consignes de distanciation parce qu’ils peuvent être des vecteurs de transmission dans la population », a affirmé Mylène Drouin.

Cette dernière a rappelé que la population la plus vulnérable demeure toutefois les personnes âgées de plus de 70 ans. Dre Drouin n’a d’ailleurs pas caché être préoccupée devant la multiplication de foyers d’éclosion dans les résidences de personnes âgées et les CHSLD. « C’est plus de 13 résidences qui ont plus de deux cas et nous avons trois CHSLD avec des éclosions que nous jugeons importantes », a-t-elle souligné.

En date du 31 mars, à 18 h 30, le bilan de cas confirmés de COVID-19 continue de s’alourdir avec 2097 cas. C’est dire que 0,1 % de la population de l’île de Montréal est maintenant infectée.