(Ottawa) Même si les entreprises canadiennes sont nombreuses à contribuer à l'effort de guerre, il semble clair que le Canada aura besoin de davantage de fournitures médicales, a reconnu le premier ministre. Pour éviter d'être pris de court, Ottawa annonce avoir commandé à d'autres pays des centaines de milliers de masques.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

La quantité de matériel qu’il faudra commander dépendra cependant de la façon dont les Canadiens se comporteront, à savoir s’ils respecteront les consignes que martèlent jour après jour les responsables de la santé publique d’un bout à l’autre du pays.

« Sans l’ombre d’un doute, nous aurons besoin de davantage de masques, de ventilateurs, et de tests de dépistage. Combien? La réponse à cette question dépend entièrement de vous », a fait valoir le premier ministre lors de son habituelle conférence de presse devant sa résidence, mardi.

« Les choix qu’on fait aujourd’hui […] vont avoir un impact direct sur l'achalandage, sur les besoins de notre système de santé, dans une semaine ou dans dix jours; c'est pour ça que tout le monde doit faire sa part », a-t-il insisté.

PHOTO SEAN KILPATRICK, LA PRESSE CANADIENNE

Justin Trudeau

Il a d’ailleurs annoncé l’octroi de 2 milliards de dollars du fédéral pour l’achat de matériel médical comme des masques, des respirateurs ainsi que des vêtements protecteurs. Il a aussi confirmé que le gouvernement a signé un contrat pour augmenter la capacité de production d'équipements médicaux de trois entreprises, dont la compagnie québécoise Medicom.

Dans l'ensemble du pays, plus de 3000 entreprises ont levé la main pour participer à l'effort de guerre, s'est réjoui le premier ministre: «Je suis extrêmement inspiré par ce que les manufacturiers, les compagnies canadiennes, sont en train de faire. Il y a une grande demande à travers le monde pour ces équipements, et ça va être important d'avoir des solutions faites au Canada.»

Il a également annoncé la signature de lettres d’intention avec cinq autres entreprises.

Du matériel de l'étranger

Mais des commandes ont aussi été passées à l'étranger, dont en Europe, aux États-Unis, et outre-mer, a plus tard précisé la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement, Anita Anand, en conférence de presse au parlement.

Le Canada a ainsi sécurisé l'achat d'environ 60,9 millions de masques N95, de 157 500 masques protecteurs faciaux, et de 1570 ventilateurs, dont certains devraient être livrés à compter de cette semaine. On espère aussi obtenir 4000 ventilateurs additionnels, a-t-elle énuméré.

Tous les équipements qui arriveront au pays feront l'objet de contrôles de qualité, ce dont se chargera l'Agence de la santé publique du Canada, a indiqué la ministre Anand.

À ses côtés, l'administratrice en chef de la santé publique, la Dre Theresa Tam, a dressé comme chaque jour le bilan des cas du nouveau coronavirus. En date de mardi, 9 h, il y avait 7708 cas confirmés, dont 89 décès. Elle a soulevé des inquiétudes face à la propagation de la COVID-19 dans des communautés vulnérables ou isolées, comme dans les prisons ou encore les communautés autochtones.

Trans Mountain

Le premier ministre a par ailleurs laissé entendre que les travaux d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain, dont le gouvernement est propriétaire, se poursuivraient, et ce, en dépit des inquiétudes de certaines communautés autochtones qui voient les travailleurs effectuer de nombreux déplacements.

Après avoir « assuré que toutes les compagnies du gouvernement sont en train de suivre tous les conseils donnés par nos experts médicaux », il s’est dit « confiant que la compagnie [Trans Mountain] est en train de prendre toutes les mesures nécessaires ».

Les cartes de crédit

Le premier ministre a par ailleurs soutenu que le gouvernement poursuivait ses discussions avec les grandes banques en ce qui a trait aux taux d'intérêt des cartes de crédit dont elles sont émettrices.

« On est en train de travailler avec les banques, car on ne veut pas que les gens sortent de cette crise encore plus endettés qu’avant », s'est-il contenté d'offrir, sans entrer dans le détail.