(Montréal) Un groupe militant pour les droits des personnes handicapées du Québec prévient que des « milliers » d’entre eux sont « en grande détresse et même en danger » en raison de la pandémie de COVID-19.

La Presse canadienne

« Si on nous maintient ainsi dans l’oubli et que la crise persiste, plusieurs d’entre nous mourront, assurément », a résumé tard dimanche la présidente du Regroupement des activistes pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ), Linda Gauthier.

L’organisme, qui assure avoir multiplié les démarches, dénonce le « peu de mesures » mises en place par les gouvernements pour répondre aux « besoins urgents » des personnes handicapées et « supplie » désormais le gouvernement du Québec de prêter une oreille plus attentive à ses préoccupations et aux solutions proposées.

Dans un communiqué, le RAPLIQ estime qu’il est prioritaire que le test de dépistage de la COVID-19 offert à domicile, qui serait disponible dans la métropole, le soit partout au Québec. « Ce qui est essentiel pour Montréal l’est tout autant pour les régions », écrit Mme Gauthier.

L’organisme signale par ailleurs que pour bon nombre de personnes handicapées, se nourrir est maintenant un problème majeur étant donné que les délais d’attente pour la livraison des commandes en ligne sont souvent de plusieurs jours, voire de plus d’une semaine.

Le groupe demande aussi qu’une solution soit trouvée afin de diversifier les modes de paiement des achats d’épicerie en ligne. Il explique qu’une grande partie des personnes handicapées au Québec âgées de moins de 65 ans vivent de l’aide sociale et que peu d’entre elles possèdent une carte de crédit.

En ce qui concerne les refuges pour femmes victimes de violence conjugale, le RAPLIQ réclame qu’ils soient mieux équipés, notamment avec des lève-personnes portatifs. La situation des femmes qui auraient besoin de ce service serait extrêmement difficile dû à l’isolement et au confinement et plusieurs refuges n’acceptent d’accueillir que les personnes capables de se transférer seules du fauteuil roulant pour utiliser la salle de bains et s’installer dans le lit.

Dans ce qu’il qualifie de « cri d’alarme », le RAPLIQ se dit également « gravement préoccupé » par la continuité des soins à domiciles qui sont essentiels pour la grande majorité des personnes handicapées vivant à domicile.

Le groupe demande enfin aux décideurs de cesser d’« englober » les personnes handicapées dans la même catégorie que les personnes âgées.

« Une personne de 75 ans en santé sera beaucoup plus autonome que la personne en situation de handicap âgée de 30 ans qui vit seule et a besoin de soins au quotidien », tranche Steven Laperrière, le directeur général de l’organisme, dans le communiqué.