Aux quatre coins du Québec, les responsables municipaux ont bien accueilli l’annonce du gouvernement sur la limitation des déplacements vers les régions éloignées des grands centres

André Dubuc André Dubuc
La Presse

Vincent Larouche Vincent Larouche
La Presse

Bas-Saint-Laurent : contrôle du trafic en provenance du Nouveau-Brunswick

La Sûreté du Québec (SQ) et la Santé publique vont instaurer des contrôles routiers pour limiter les arrivées en provenance du Nouveau-Brunswick. C’est ce que nous a rapporté le maire de Rimouski, Marc Parent, au terme d’une téléconférence avec la SQ et les autorités de santé publique, samedi après-midi. Le Nouveau-Brunswick le faisait déjà de son côté depuis mercredi. La décision d’isoler la région a notamment pour objet d’éviter que des habitants de régions limitrophes qui possèdent ou louent des chalets dans le Bas-Saint-Laurent viennent propager la maladie sans le savoir, a expliqué M. Parent. « Seuls les gens ayant une adresse permanente dans le Bas-du-Fleuve auront accès à leur maison », précise-t-il.

« Les chalets se remplissaient, renchérit la mairesse de Rivière-du-Loup, Sylvie Vinet. Ça venait insécuriser la population. » Elle a très bien accueilli la nouvelle. Elle a confirmé par ailleurs que la SQ instaurait un contrôle routier à Dégelis sur l’autoroute 85 à partir de 16 h samedi pour intercepter les véhicules en provenance d’Edmundston, au Nouveau-Brunswick.

Gaspésie—Les Îles-de-la-Madeleine : « Une excellente décision »

« Depuis jeudi soir, nous avions des discussions avec la Santé publique sur ce sujet. La décision a été prise de fermer la région dès 16 h aujourd’hui. Les décisions sont prises pour le bien de notre population, pour éviter que des gens fuient des régions à plus haut risque pour s’en venir vers chez nous », dit Daniel Côté, maire de Gaspé, dans une vidéo publiée sur sa page Facebook.

Aux Îles-de-la-Madeleine, le nouveau mot d’ordre n’aura qu’une faible incidence étant donné que le ministre des Transports, François Bonnardel, avait déjà annoncé que le traversier assurant la liaison entre Souris (Île-du-Prince-Édouard) et Cap-aux-Meules ne transporterait plus de passagers à compter de samedi.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Jonathan Lapierre, maire de la municipalité des Îles-de-la-Madeleine

Air Canada va cesser sa liaison aérienne pour tout le mois d’avril. « Je ne suis aucunement surpris. C’est une excellente décision », dit Jonathan Lapierre, maire de la municipalité des Îles-de-la-Madeleine. Comme partout ailleurs au Québec, les marchandises continuent de circuler.

Saguenay—Lac-Saint-Jean : éviter d’importer des cas

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, a salué la décision de Québec. « Cette nouvelle mesure vise à protéger notre population et à éviter la transmission communautaire du virus. C’est une bonne décision », a-t-elle dit. En entrevue avec Le Quotidien de Saguenay, le directeur régional de santé publique Donald Aubin a dit que le principal enjeu n’était plus le retour des voyageurs ayant séjourné à l’étranger. « La plus grande menace, actuellement, de contagion pour notre région, ce n’est plus les voyages. C’est beaucoup plus les cas importés des autres régions du Québec », a-t-il dit.

Côte-Nord : bravo ! s’exclame le maire de Port-Cartier

Sur la Côte-Nord, l’appui aux restrictions était unanime. « À Schefferville, dans le Nord, ça fait très longtemps qu’on est préoccupés par le va-et-vient des gens. On a une entreprise qui fait du fly-in fly-out, ça venait de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick, de Terre-Neuve, d’Halifax. On leur a demandé de cesser les opérations. On avait aussi des étudiants à l’extérieur un peu partout qui voulaient revenir. Là, le train de Sept-Îles ne voyage plus et la compagnie Air Inuit a restreint ses vols. On a été proactifs parce que si on a un cas, ça va se propager, et on est isolés. La Côte-Nord, c’est un pays dans un pays », a déclaré Ghislain Lévesque, administrateur de Schefferville, joint par La Presse.

« Notre région est fermée aux visiteurs. Cette mesure est nécessaire, clame Yves Montigny, maire de Baie-Comeau, sur Facebook. Clarification importante ! Les citoyens peuvent revenir à leur domicile ! », a-t-il ajouté en fin de journée.

« C’était l’étape suivante à laquelle on s’attendait », indique le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, qui invite la population à continuer de respecter les directives en vigueur. « Ça va faire la différence », a-t-il dit à l’hebdomadaire Le Nord-Côtier.

Nord-du-Québec : « Il faut prendre les grands moyens »

La mairesse de Chibougamau, Manon Cyr, a dit à La Presse que la restriction des déplacements vers la région était « inévitable ». « Il faut prendre les grands moyens. Tout le monde ici pensait que c’était vers là que ça s’en allait », dit-elle. La mairesse explique qu’un Chibougamois a été déclaré positif à la COVID-19, mais qu’il a bien suivi les consignes d’isolement et se porte très bien maintenant. « Il a fait ça de façon exemplaire et s’est isolé, même de sa conjointe. »

Abitibi-Témiscamingue : « Protéger les régions »

« Nous ne l’avons pas demandé. Je suis personnellement un peu surpris. Mais je suis d’accord avec la décision sans problème. Ça va protéger les régions », a indiqué Éric Comeau, maire du village de La Corne, au téléphone.

Territoires cris : « On bouge avec la pandémie »

Chez les Cris, les services de santé avaient déjà fait des vérifications auprès des gens qui revenaient de voyage à l’extérieur. « On bouge avec la pandémie », explique Mélissa Saganash, porte-parole du Grand Conseil des Cris. Un test a révélé qu’un habitant de Nemaska était infecté par la COVID-19 à son retour, mais il semble avoir bien respecté les consignes d’isolement.