Dans le contexte de la pandémie de coronavirus, le conseil municipal de Montréal s’est ouvert lundi après-midi avec les remerciements de la mairesse Valérie Plante à « la famille municipale » et une allocution du chef de l’opposition officielle, Lionel Perez, saluant le sens civique de la population.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

L’un et l’autre ont convenu que la crise actuelle n’avait pas de couleur politique et qu’il fallait agir en collaboration. C’est notamment le cas pour étudier toutes les possibilités d’alléger le fardeau financier des Montréalais.

La semaine dernière, l’administration montréalaise a annoncé le report du second versement de taxes municipales du 1er juin au 2 juillet. Il s’agit d’une décision judicieuse, a souligné M. Perez. Ce dernier souhaite que la Ville se penche sur la taxe de mutation ce qui sera fait, a indiqué Mme Plante.

« En dépit des difficultés à cause notamment de l’isolement, nous entendons des histoires dans chaque quartier sur le sens civique d’autrui et du devoir. C’est dans l’ADN des Montréalais », a déclaré en début de séance M. Perez.

Certes, le monde a changé pour toujours mais les valeurs qui nous définissent comme être humain nous permettront de traverser à travers cette crise.

Lionel Perez, chef de l’opposition officielle, Montréal

Quelques minutes avant la tenue de l’assemblée - qui se déroule à huis clos avec 12 élus présents et tous les autres en lien téléphonique -, Lionel Perez a toutefois critiqué l’administration Plante pour n’avoir ni consulté ni impliqué les conseillers municipaux de l’opposition dans la décision de maintenir la séance mensuelle. Selon M. Perez, les dossiers courants qui ne sont pas de nature urgente et qui sont soumis à l’assemblée n’en justifient pas la tenue. Il faut réduire le risque pour les employés municipaux et la Ville doit donner l’exemple, croit-il.

« Nonobstant cette réflexion, on a décidé d’être solidaires, d’appuyer l’administration et d’être présents pour jouer pleinement notre rôle d’élus montréalais », a indiqué Lionel Perez qui souhaite des ajustements pour les prochaines séances du conseil.

Par ailleurs, ce dernier a rappelé que malgré les circonstances exceptionnelles de crise sanitaire, les exigences de reddition de compte et de transparence demeurent. Il faut toutefois souligner que la Charte de la Ville de Montréal permet à la mairesse d’autoriser des dépenses et d’accorder des contrats sans les règles habituelles d’adjudication, dans la situation actuelle de crise.

L’opposition officielle a eu une rencontre avec le directeur général de la Ville, Serge Lamontagne, ainsi que le directeur du service des incendies concernant le dossier de la COVID-19. Il n’y a toutefois aucune communication directe avec la direction de la santé publique de Montréal.