(Montréal) La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse constate que l’arrêt de la fréquentation de l’école et des services de garde à cause de la crise provoquée par le nouveau coronavirus fragilise le filet social qui entoure les enfants, en particulier les plus vulnérables d’entre eux.

La Presse canadienne

Dans un communiqué transmis lundi, Suzanne Arpin, vice-présidente responsable du mandat jeunesse de la Commission, signale que les enseignants, le personnel des services de garde, les directions scolaires et les différents professionnels œuvrant dans les écoles ne sont plus là pour observer les situations difficiles et les signaler à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ)

En fin de semaine, le gouvernement du Québec a confirmé que les écoles resteraient fermées au moins jusqu’au 1er mai.

La président de la Commission, Philippe-André Tessier, anticipe également l’impact sur les enfants de la situation économique de plus en plus difficile pour certains parents, conséquence de la crise actuelle.

Il rappelle que plusieurs parents ont perdu ou pourraient perdre leur emploi et se retrouver en situation précaire, ce qui pourrait attiser la tension dans certains foyers. L’isolement et le fait pour certaines familles de vivre dans un petit espace 24 heures sur 24 peuvent aussi faire grossir les risques d’escalade des tensions.

Mme Arpin invite chaque Québécois à se soucier des enfants de son entourage et rappelle que toute personne qui est témoin d’une situation qui menace la sécurité ou l’intégrité d’un enfant a l’obligation de la signaler à la DPJ.

Par ailleurs, à propos du décret adopté par le gouvernement du Québec le 19 mars qui restreint les contacts physiques entre les enfants placés en famille d’accueil ou en centre jeunesse et leurs proches, la Commission rappelle que la dernière portion du décret demande que la DPJ doit, lorsque possible, prévoir d’autres modalités de contact sécuritaire, notamment des moyens technologiques.

La Commission s’inquiète aussi du déplacement possible de personnel actuellement dédié à la protection de la jeunesse vers les services de première ligne en santé. Elle rappelle la vulnérabilité des enfants et que la fragilisation de leur filet social.