(OTTAWA) L’opération visant à rapatrier au pays les Canadiens qui se trouvent à l’étranger s’intensifie. Le ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne annonce que des vols commerciaux pourront ramener sous peu des ressortissants canadiens qui se trouvent au Pérou, en Espagne, au Maroc, en Équateur, à El Salvador, au Guatemala et au Honduras.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

« Nous travaillons avec des compagnies aériennes pour sécuriser des vols commerciaux qui ramèneront les Canadiens », a écrit sur son compte Twitter le chef de la diplomatie canadienne en énumérant la liste des sept pays.

Dans le cas du Maroc, M. Champagne a indiqué s’être entretenu avec son homologue marocain au sujet de cette grande opération de rapatriement. Il a précisé, également sur son compte Twitter, que la compagnie Air Canada compte offrir deux vols supplémentaires pour ramener des Canadiens au cours des prochains jours.

Samedi, tard en soirée, 444  Canadiens qui étaient au Maroc sont arrivés à Montréal à bord d’un vol commercial d’Air Canada.

En matinée, dimanche, le premier ministre Justin Trudeau a indiqué la compagnie
WestJet prévoit offrir 30 vols entre lundi à mercredi pour ramener des Canadiens au tandis qu’Air Transat tente d’obtenir des permissions spéciales pour voler là où les espaces aériens sont fermés. Il s’est aussi réjoui de voir que la compagnie Sunwing offrira un billet gratuit à quiconque veut rentrer au pays s’il reste des places libres sur ses appareils.

M. Trudeau a profité de sa conférence de presse quotidienne pour exhorter à nouveau les Canadiens à rester chez eux pour freiner la propagation du nouveau coronavirus, soulignant à grands traits que l’éloignement social est un outil indispensable pour y arriver.

Mais il dit écarter pour le moment l’idée de recourir à la Loi sur les mesures d’urgence pour forcer les récalcitrants à observer les directives des autorités en matière de santé. Cette option doit être utilisée en tout dernier recours.

Il a souligné que les gouvernements provinciaux et municipaux ont déjà pris des mesures pour interdire les rassemblements et les déplacements des gens. Certaines régions ont commencé à fermer leurs portes même aux Canadiens. À titre d’exemple, les Territoires du Nord-Ouest ont fermé leurs frontières à tout voyage non essentiel.

« On doit tous faire des sacrifices », a déclaré le premier ministre, qui a aussi confirmé le rappel d’urgence de la Chambre des communes mardi afin d’adopter le train de mesures visant à venir en aide aux familles, aux travailleurs et aux entreprises durement touchés par la crise.

« Nous sommes dans une crise mondiale sans précédent », a aussi affirmé le premier ministre pour illustrer l’importance de respecter les directives.

Ce train de mesure comprend 27 milliards de dollars en aide directe et l’octroi d’une marge de manœuvre de 55 milliards de dollars pour les contribuables et les entreprises grâce au report des paiements de taxes et impôts au 31 août.

Le premier ministre a aussi indiqué que les autorités canadiennes poursuivent les efforts visant à rapatrier les Canadiens qui se trouvent toujours à l’étranger.

M. Trudeau a dit que les compagnies aériennes travaillent de concert avec le gouvernement fédéra pour coordonner les efforts de rapatriement.  

Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a également tweeté samedi qu’il avait discuté avec ses homologues en Australie, au Brésil, en Allemagne, au Maroc, au Pérou, en Turquie et au Royaume-Uni sur la nécessité de rapatrier les citoyens à l’étranger, y compris ceux qui se trouvent sur des bateaux de croisière.

Selon le compte-rendu, ils ont « souligné l’importance de maintenir la circulation des biens, des fournitures et des services essentiels pendant la crise actuelle et le besoin crucial d’une réponse rapide et efficace pour aider à stabiliser et à protéger les économies mondiales ».

- Avec La Presse canadienne