(Québec) Le Service de police de la ville de Québec (SPVQ) est intervenu pour mettre fin à une dizaine de rassemblements, « majoritairement » dans des résidences privées et réunissant moins de 10 personnes chaque fois. Il l’a fait « à la suite de dénonciations citoyennes ».

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Les interventions se sont produites dans la nuit de samedi à dimanche, tout de suite après l’annonce du gouvernement Legault décrétant l'interdiction de « tout rassemblement intérieur ou extérieur ». Les policiers ont dispersé les personnes chaque fois.

« Les interventions se sont bien déroulées dans l’ensemble » et « les policiers ont obtenu une bonne collaboration de la majorité des citoyens interpellés », affirme le SPVQ dans un communiqué. « Une seule intervention a nécessité l’application des mesures prévues au décret car l’individu interpellé démontrait une absence totale de collaboration ». Selon le porte-parole Étienne Doyon, une personne a été arrêtée en vertu de la réglementation municipale, pour avoir causé du désordre et insulté un policier. Elle a été détenue, puis libérée.

Étienne Doyon précise qu'il s'agissait dans tous les cas de rassemblements intérieurs, "majoritairement" dans des résidences privées. Il s'agissait chaque fois de groupes de moins de 10 personnes.

En vertu d’un décret adopté par le conseil des ministres, Québec interdit maintenant « tout rassemblement intérieur ou extérieur », peu importe le nombre de personnes. On peut penser aux partys d’ados, aux soupers entre amis, aux fêtes familiales et aux visites chez les voisins, par exemple. Québec se contentait de déconseiller jusqu’à samedi de se réunir en groupe dans des résidences.

Selon le décret, l’interdiction ne s’applique pas au rassemblement réunissant « des occupants d’une résidence privée, ou de ce qui en tient lieu, et toute autre personne leur offrant un service ou dont le soutien est requis ».

Autre exception : un rassemblement n’est pas interdit « s’il est requis dans un milieu de travail qui n’est pas visé par une suspension du gouvernement du Québec, à condition que les employés maintiennent, dans la mesure du possible, une distance minimale de deux mètres entre eux ».

L’interdiction ne s’applique pas non plus « dans un moyen de transport » et « dans un lieu public visant à obtenir un service ou un bien et qui n’est pas visé par une suspension du gouvernement », comme une épicerie. On demande toutefois « dans la mesure du possible, une distance minimale de deux mètres » entre les personnes.

Les rassemblements extérieurs sont permis entre les occupants d’une même résidence, lorsqu’une personne « reçoit d’une autre personne un service ou son soutien » ou encore à condition de respecter la distance minimale. Autrement, c’est interdit.

Les corps policiers ont le pouvoir d’intervenir pour disperser les personnes qui se retrouveraient dans un rassemblement intérieur ou extérieur proscrit en vertu du décret. « C’est un outil de plus que le gouvernement se donne pour intervenir, et ce sera utilisé selon le bon jugement des policiers », a expliqué Jean-François Del Torchio, porte-parole de la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault.