(Montréal) Au tour de l’Université de Montréal de fermer ses résidences « pour des motifs sanitaires ».

Roxanne Ocampo
La Presse canadienne

Quelque 1200 studios devront être libérés d’ici lundi, et ce, pour une période indéterminée.

Les résidents en ont été avisés jeudi après-midi.

« Dans le contexte actuel, il devient de plus en plus difficile, dans un environnement clos comme le sont nos résidences, d’appliquer les recommandations de distanciation sociale demandées par la santé publique », a expliqué par courriel la porte-parole de l’université, Geneviève O’Meara.

Tandis que bon nombre des étudiants hébergés sur le campus viennent de l’étranger, Mme O’Meara indique que ceux qui s’avèrent incapables de trouver un autre logement se verront offrir « des solutions alternatives », sans toutefois en préciser la nature.

Joint par La Presse canadienne en fin de soirée, Cosby Nswal n’a pas caché son mécontentement. L’étudiant en provenance de la République démocratique du Congo aurait souhaité un plus grand préavis.

« Trois jours, c’est vraiment serré, a-t-il fait valoir. Ils ont fermé les frontières avec le Canada. Du coup, je ne peux plus rentrer. »

Du côté de l’Université Concordia, les résidents ont appris avec effarement mercredi qu’ils avaient quatre jours pour évacuer les lieux. Des pétitions récoltant des milliers de signatures ont été lancées depuis afin de dénoncer cette mesure.

Dans un message publié jeudi, le recteur Graham Carr a voulu se faire rassurant en affirmant que l’université fournira « au mieux de ses capacités (sic) […] un toit, des repas et d’autres services » aux étudiants pris au dépourvu.

Un peu partout au Canada, d’autres universités ont pris la même décision. C’est notamment le cas de l’Université d’Ottawa et de l’Université Ryerson, à Toronto.

Ce sont donc des milliers de personnes qui se voient forcées de se trouver un nouveau logement, voire de changer de ville alors que les autorités de santé publique implorent la population de limiter les déplacements.

Ailleurs au Québec, l’Université Laval et l’Université du Québec à Montréal et l’Université du Québec en Outaouais maintiennent leurs résidences ouvertes, mais y interdisent tout visiteur.

Les résidences de l’Université de Sherbrooke restent également accessibles.

L’Université McGill encourage pour sa part ses résidents à quitter le campus le plus tôt possible, s’ils le peuvent.