(Québec) La propagation de la COVID-19 au Québec a forcé les parlementaires à accélérer le processus d’adoption de deux projets de loi accordant plus de pouvoirs aux super-infirmières et aux pharmaciens.

Jocelyne Richer
La Presse canadienne

In extremis, avant l’ajournement des travaux parlementaires jusqu’au 21 avril, les élus ont donc adopté à toute vapeur, mardi matin, le projet de loi 31 qui accorde plus de pouvoirs aux pharmaciens et le projet de loi 43 qui fait de même pour les super-infirmières.

Fait exceptionnel, les élus ont procédé aux étapes finales d’adoption des deux projets de loi en seulement 30 minutes, sans débats et sans vote nominal.

La nouvelle loi 43 étend le champ de pratique des super-infirmières, au moment où la pression se fera de plus en plus forte sur le réseau de la santé, en raison de la crise sanitaire provoquée par la pandémie de coronavirus.

Celles qu’on appelle les infirmières praticiennes spécialisées (IPS), ou « super-infirmières », peuvent dorénavant diagnostiquer les maladies courantes, déterminer des traitements médicaux et effectuer le suivi de certaines grossesses. Elles peuvent aussi procéder à certains actes et effectuer une série d’examens jusqu’alors réservés aux médecins.

Ce faisant, leur travail pourra contribuer à alléger la tâche des médecins, qui risquent d’être très sollicités prochainement, le nombre de cas de personnes atteintes du virus étant en augmentation constante.

Les nouveaux pouvoirs consentis aux pharmaciens poursuivent le même but, tout en visant à faciliter l’accès aux soins de santé.

En vertu de la nouvelle loi 31, les pharmaciens ont tout le loisir désormais de prolonger des ordonnances, donner des vaccins, voire prescrire certains médicaments, dont ceux offerts en vente libre.

Ils peuvent aussi évaluer la condition physique et mentale d’une personne « dans le but d’assurer l’usage approprié des médicaments ».

Le gouvernement s’est rendu aux demandes de deux partis d’opposition (libérale et solidaire) et des Nations autochtones, en retirant le volet controversé du projet de loi 31 qui visait les Autochtones. Donnant suite à leur requête, cette question, qui n’a rien à voir avec le champ de pratique des pharmaciens, fera donc l’objet d’un projet de loi séparé, plus tard.

Il s’agira de répondre aux attentes des familles autochtones endeuillées qui sont à la recherche d’informations devant enfin révéler quel sort a été réservé aux enfants autochtones enlevés ou disparus, dans les hôpitaux québécois, dans les années 50, 60 et 70.

En Chambre, la ministre de la Santé, Danielle McCann, a fait valoir que les deux nouvelles lois allaient améliorer et accélérer l’accès aux services de première ligne.

Le porte-parole en santé de l’opposition libérale, le député André Fortin, a émis une réserve sur le projet de loi 43, en indiquant qu’il aurait préféré que le texte législatif « aille plus loin », en donnant également plus de pouvoirs aux psychologues.

Mais somme toute, les trois partis d’opposition ne se sont nullement opposés à la façon de procéder du gouvernement, facilitant l’adoption rapide, mardi, des deux législations.